Critique de Moonrise Kingdom

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Rating: 3.5/5 (2 votes cast)

De Wes Anderson

Avec Jared Gilman, Kara Hayward, Bruce Willis, Frances McDormand,

Etats-Unis – 2012 – 1h34

Rating: ★★★★☆

 

Dans un camp de scouts kaki, en été 1965 sur une petite île, un membre du groupe, manque à l’appel, Sam Shakusky, un orphelin qui a du mal  à s’intégrer partout. Et de l’autre côté de l’île, vit une certaine Suzy Bishop, jeune fille solitaire…

Où Wes Anderson nous avait laissé avec des films assez moyens, La vie aquatique et À bord du Darjeeling Limited, entrecoupé du génial Mr Fantastic Fox, il revient à son style polyphonique, entendez film choral. Et les enfants qui avaient souvent le second rôle, où qu’on faisait grandir (La famille Tenenbaum) ont le premier rôle et ce sont les stars ; Bruce Willis, Edward Norton ou Bill Murray ; qui sont les opposants ou adjuvants des deux héros. Sam et Suzy, à la manière des vieux livres des siècles précédents ou même certains actuels, deviennent des enfants aventuriers, dans une nature riche mais pas malveillante. On peut même parler de communion avec la nature, l’observation des biches et des cerfs ou la pêche, les rivières sont donc à dompter et les collines à gravir, c’est un test de survie qui s’applique à eux-mêmes. Néanmoins le récit constitue une traque autour d’eux, composé d’adultes et d’enfants, avec un peu de violence comme dans Sa majesté des mouches, et cette tournure rend compte que ce film est aussi une comédie romantique, où les protagonistes auraient 11 ans…

 

En effet Sam et Suzy seraient faits l’un pour l’autre. Le scénario démontre que les enfants bizarres, Sam et son impulsivité et Suzy et ses accès de colère, se nouent d’affection avec d’autres enfants bizarres. Cinéma indépendant oblige, ou pas, le récit propose deux temporalités celle du film et de l’autre définissant la relation de Sam et Suzy, du côté classe et élégant de s’envoyer des lettres (on est en 1965) à leur passion propre, Suzy aime lire des livres fantastique ou de science-fiction et Sam peint, c’est tout un éveil qui est mis en scène. Ils sont face à face dans leur entièreté quitte à se blesser, mais avec la tendresse de cet âge : des boucles d’oreilles composé d’hameçons et de scarabées, une danse mal assurée se transformant en slow à la découverte de la sexualité, sur du Françoise Hardy en plus y a pas plus romantique que la pop française des sixties, et une idée déjà présente que l’amour peut survivre à la mort. Quant aux adultes, ils sont tristes et pensent avoir raison sur tout, les enfants ne veulent pas leur ressembler

Comme film d’ouverture à Cannes, c’est un très bon choix, un très bon cru, d’autant que Wes Anderson se remet à nouveau à faire du cinéma, et on croyait pourtant que le cinéma américain ne savait plus faire de film réaliste pour les enfants et les adolescents.

Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…