Le remake de Maniac dévoile sa bande annonce


Ca fait des mois qu’on en parle, on attend sceptiquement les premières images, pour se faire une opinion, les photos disséminées sur la toile ces derniers mois n’ayant rien de très éloquent quand à la qualité et l’intérêt du projet.

Destiné à la base à Grégory Levasseur, c’est finalement Franck Khalfoun (2 ème Sous sol) qui hérite de la réalisation de ce nouveau Maniac, Levasseur passant producteur aux côtés de son binôme Alexandre Aja. Le film originel de William  Lustig ayant une telle aura culte, il est difficile de comprendre la démarche de remake d’un tel classique, demeurant très efficace plus de trente ans après sa sortie, dans sa réalisation, sa direction d’acteur comme dans ses imperfections, comme le sont toujours les films cultes, aussi bis soient-ils.

De ce point de vue, la bande annonce est loin d’être rassurante… La répétition de scènes telles qu’elles étaient dans l’original amène à penser qu’on risque de se retrouver dans la reproduction strictement mimétique d’un fan, qui, aussi talentueux soit-il, ne parvient pas à se détacher suffisamment de son modèle ( c’est le cas du Halloween de Rob Zombie). Si l’Horreur des années 2000 ont bien prouvé un truc en matière de remake, c’est qu’on peut livrer un film  honorable ou équivalent au précédent sans pour autant le trahir, à condition de savoir s’approprier l’histoire et l’ambiance. Aja l’a prouvé par deux fois avec La Colline a des yeux et Piranha 3D, Zack Snyder avec L’Armée des morts, Nispel avec Massacre à la Tronçonneuse, autant de films cultes qui n’ont pas à rougir de leur alter ego moderne.

Ce Maniac-là, bien qu’il semble s’appuyer davantage sur la performance d’Elijah Wood que sur des nouvelles idées visuelles, semble peiner à se sortir du shéma défini par Lustig, qui lui aussi avait centré l’essentiel de son film sur son acteur, Joe Spinnel, qui avait co-écrit le scenario. C’est probablement cette alchimie, cette rencontre entre un acteur au sommet de son art et le neveu de Jake La Motta, sur le point de réaliser son premier et meilleur film, qui fait du Maniac de 1980 un film étonnamment culte, bidouillé avec trois bouts de ficelle, mais gardant une atmosphère pesante à souhait, une conception de mise en scène brute, une performance incroyable et une réflexion sur la folie meurtrière qui s’apparente au Voyeur de Powell.

Bien diffcile en somme de passer derrière ça, tant pour Elijah Wood qui devra livrer sa meilleure prestation que pour Khalfoun, qui opère dans le terrain hostile des films à fans intransigeants. Réponse à Cannes pour les plus chanceux qui pourront le voir en séance de minuit. Nous, on attendra patiemment l’annonce d’une date, sans trop y croire vraiment.

Lullaby Firefly

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.