Les Inédits Fantastiques de l’INA : Le Navire étoile

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Le Navire étoile

D’Alain Boudet

Avec Dirk Sanders, Geneviève Casile et Pierre Massimi

France – 1962 – 1h48

Rating: ★★★☆☆

Depuis quelques mois, l’INA réédite en DVD des productions de la télévision française des années 60 aux années 80 relevant du genre fantastique. Regroupés sous la série « Les Inédits Fantastiques », ces objets étranges sont des téléfilms et des séries télé, oubliés depuis, qui témoignent d’un temps où la télévision de service public était prête à oser les paris les plus fous. Comme inaugurer en fanfare l’arrivée de la science-fiction sur les ondes hertziennes avec Le Navire étoile, première tentative ambitieuse du genre qui mêle à la fois récit post-apocalyptique, space opera et dystopie.

Adapté d’une oeuvre d’E.C. Tubb, romancier obscur spécialisé dans le space opera, Le Navire étoile conte la destinée d’un vaisseau spatial voguant vers l’infini. A son bord, 2 000 êtres humains sont soumis à des règles dictatoriales imposées par le superordinateur Psycho. Recruté comme nouvel agent au sein de la redoutable psycho-police, le jeune Eddy Burns va découvrir les secrets terrifiants qui se cachent derrière un système en apparence sans faille.

Au contraire des Etats-Unis où elle est en grande partie perçue comme un simple moyen de divertissement, la Science Fiction bénéficie en France d’une réception critique favorable qui ne la destine pas essentiellement à un public adolescent. Au-delà du Sense of Wonder, le genre a principalement été valorisé dans nos contrées pour les questionnements hautement intellectuels qu’elle apporte (Philip K. Dick affirmait d’ailleurs qu’il n’aurait jamais pu vivre de sa plume sans son lectorat français). Logique donc que la télévision française décide durant la décennie de la conquête de l’espace de sauter sur l’occasion d’un grand rendez-vous dans les étoiles pour s’interroger sur les dangers écologiques et sociétales qui attendent l’Humanité.

Tourné dans les conditions du direct, à la manière du théâtre filmé, Le Navire étoile a conservé les séquelles des aléas de l’exercice. Acteurs qui cafouillent dans leur uniforme de l’espace, mises au point de l’image souvent difficiles, ombres de perchman à n’en plus finir… Le ridicule vient donc en contrepoint du ton très sérieux de l’histoire, faisant du Navire étoile un objet délicieusement kitch mais touchant par son initiative d’emmener les spectateurs dans l’espace. Si La Jetée de Chris Marker, sorti la même année, offre un meilleur traitement du genre, ce téléfilm (dont on retrouvera certaines des thématiques dans 2001 et THX 1138)  mérite quand même sa place dans la liste déjà bien maigre des films importants de la SF française, ne serait-ce que pour être son premier véritable space opera.

 

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».