Les Inédits Fantastiques de l’INA : La Brigade des Maléfices

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La Brigade des Maléfices

De Claude Guillemot et Claude-Jean Philippe

Avec Léo Campion, Marc Lamole, Jacques François, Jean-Claude Balard et Pierre Brasseur

1970 – France – 6 épisodes de 55 min

Rating: ★★★☆☆

Diffusée pour la première fois durant l’été 1971, La Brigade des Maléfices amenait le feuilleton policier français sur les terres du fantastique. Remplaçant les criminels habituels du genre par des vampires, des fantômes et autres esprits malfaisants, cette série de six épisodes ne connut qu’une seule saison, rediffusée à plusieurs reprises dans les années 70. On y suit l’inspecteur Paumier, médium fantasque qui s’habille comme Toulouse-Lautrec quand il ne traîne pas en robe de rituel dans son repère truffée de babioles ésotériques, accompagné de son fidèle assistant, Albert, expert en déguisement. Ensemble, ils partent en side-car résoudre les affaires surnaturelles que leur confie la Préfecture de Police.

Si les six épisodes sont loin d’être égaux entre eux, ils partagent une même légèreté de ton qui place La Brigade des Maléfices dans le fantastique fantaisiste, avec une nette préférence pour le vaudeville absurde. Ainsi, dans les deux épisodes où l’on trouve le vilain récurrent de la série, un démon interprété par Pierre Brasseur (le docteur fou des Yeux sans visage) répondant tantôt au nom de Diablevert ou de Diablegris (la série n’a pas duré assez longtemps pour décliner toute la gamme de couleur), cherchant à briser les âmes avec des produits d’électroménager aussi insolites que diaboliques. Dans l’épisode « La Septième Chaîne », un poste de télévision capte un programme qui déclenche des meurtres passionnels chez les jeunes couples. Plus fou, dans « La Créature », une poupée gonflable dédiée aux tâches ménagères pousse au suicide son propriétaire (interprété ici par Claude Brasseur, jamais trop loin de son père).

D’amour, il en est également question dans « Voir Vénus et mourir » où une Vénusienne fait tourner la tête d’un escroc (Anny Duperey à l’époque où elle ressemblait à Mireille Darc), et « Les Dents d’Alexis » présentant un vampire tombant amoureux de sa dentiste. Le ton est comme toujours théâtral et le rythme suit les poncifs du feuilleton policiers français (on passe beaucoup de temps au téléphone ou au bureau du commissaire) tout en n’hésitant pas à lâcher ses deux enquêteurs pour se focaliser sur les intrigues des créatures fantastiques concernées. Les meilleurs épisodes restent cependant ceux que l’on trouve en début et en fin de saison, avec parfois quelques fulgurances fantastiques. Dans le premier épisode, « Les Disparus de Rambouillet », un photographe tente de capter l’image d’une fée résidant dans la forêt. Dans le dernier, « Le Fantôme des H.L.M. », l’esprit d’un marquis du XVIIIe siècle vient hanter les locataires d’une résidence H.L.M. construite sur les ruines de son manoir. Il en résulte une longue séquence où le fantôme passe d’appartement en appartement comme autant de vignettes absurdes de la vie moderne qui pourrait presque rappeler l’esprit de Jacques Tati.

Loin d’être une série parfaite, La Brigades des Maléfices marque par sa fantaisie surréaliste, largement appuyé par la présence de son acteur pataphysicien Léo Campion. A redécouvir.

 

The Vug  

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Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».