Critique de Harakiri

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Seppuku

 

De Masaki Kobayashi

Avec Tatsuya Nakadai, Akira Ishihama, Shima Iwashita

Japon – 1962 – 2h07

Rating: ★★★★★

Au XVIIe siècle, le Japon n’est plus en guerre. Hanshiro Tsugomo, rônin, a décidé de frapper à la porte du clan Li, afin de pouvoir accomplir un harakiri dans leur résidence. L’intendant le recevant, Saïto, lui raconte alors l’histoire de Motome Chijiwa…

 

J’avais auparavant critiqué le remake fait par Takashi Miike. Tout ce que j’y ai pu évoquer et dans le film original, mais je vais quand même à nouveau préciser, car c’est un film de samouraï important et bientôt Celluloïdz se chargera de prendre ce genre de film dans son ampleur dans différents dossier et critiques. On remarque d’où le réalisateur nippon a pensé toute la plasticité du multicadrage, le film original, axe plutôt sur des plans moyens à l’intérieur du palais du clan Li. Il en est aussi plus axé sur le cérémonial, le film original met en scène d’ailleurs le mariage de Miho et Motome, notamment dans le face à face Tsugomo/Saïto. Les éléments sont aussi présents, si Miike avait opté pour la neige et le bord de mer, Kobayashi, plus classique, choisit comme éléments le vent, la plaine et les nuages. N’oublions pas la dimension prolétarienne, très bien traité des deux fois, même si l’original propose un contraste fort avec une critique de la grande bourgeoisie d’époque, ce qui donne lieux à des différences dans le récit…

 

Le film original se pose plutôt contre un procès du système shogunal, Tsugomo est un homme plaidant la cause d’un homme pour son honneur, face à Saïto à la fois juge et accusé. Le shogun, système de seigneurie de samouraïs, semble se comporter comme la grande bourgeoisie, classe dominante et arrogante. Cela fait apparaître les samouraïs de ce clan comme des fonctionnaires faisant leur bon travail de toutou, plutôt que des sabreurs à code d’honneur, d’ailleurs que vaut un code d’honneur entre samouraïs si l’un ne vient pas en aide à l’autre ? Kobayashi souligne cette idée par des gros plans. Il s’accompagne aussi d’un humour noir et décalé, incarné par le faux surpris Tsugomo, plus intelligent qu’il ne le montre, personnage un peu bourru mais semblant être près à se contenter de peu pour être heureux, comme dans le remake. Mais l’original propose plus de panoramiques ou de travellings latéraux pour souligne la vivacité, le dynamisme, lors des moments de bonheur, quand le face à face Tsugomo/Saïto est plus géométrique, raide et rigide (multicadrage, plans fixes, gros plans), la difficulté pour Tsuogomo le rônin, à se faire comprendre et « entendre ». Cela s’amplifie à la fin dans l’enfermement dans le palais de Saïto, dans l’ombre, l’ « obscurantisme »…

Harakiri est un classique.

 

Hamburger Pimp

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Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…