Critique de Prometheus

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Prometheus

De Ridley Scott

Avec Noomi Rapace, Michael Fassbender, Charlize Theron, Idris Elba, Guy Pearce, Logan Marshall-Green, Sean Harris et Patrick Wilson

Etats-Unis – 2012 – 2h04

Rating: ★★★★★

Lorsque Ridley Scott a annoncé son retour à la SF, genre qu’il avait laissé tombé depuis l’échec commercial de Blade Runner il y a trente ans, la geekosphère s’est agitée dans tous les sens. Lui, qui en deux films séminaux avait redéfini les bases du genre à l’orée des années 80, était particulièrement attendu au tournant à l’ère des blockbusters titanesques en 3D initiée par le gentillet Avatar de James Cameron que seule venait tempérer l’hégémonie artistique de Christopher Nolan, actuel tenant du titre du meilleur réalisateur de science-fiction depuis six ans (sept si vous voulez inclure Batman Begins).

Donc, après trente ans à avoir fait tout et n’importe quoi, Ridley Scott revient dans le genre où il excelle avec Prometheus, séquelle d’Alien qu’il faudrait mieux voir comme un deuxième chapitre d’une histoire encore en suspens, où la créature au design d’H.R. Giger ne serait qu’un élément parmi d’autres, plutôt que comme une sorte d’Alien Origins qui serait bien réducteur. Nous sommes en 2093, soit presque trente ans avant le massacre de l’équipage du Nostromo, pour suivre un autre vaisseau spatial, le Prometheus, parti au fin fond de l’espace pour percer les origines de l’Humanité après l’étude minutieuse de représentations graphiques venant des civilisations antédiluviennes (Egyptiens, Mayas, Sumériens, Babyloniens, etc.). Un voyage vers les étoiles pour un rendez-vous avec Dieu qui rappelle évidemment 2001, l’odyssée de l’espace, influence clairement revendiquée par Ridley Scott, de ses plans de planètes qui ouvrent le film aux vents hurlant sur la mystérieuse exo-planète et qui rappellent les chœurs mystiques des compositions de György Ligeti. Mais, la Théorie des Anciens Astronautes n’appartenant ni à Stanley Kubrick, ni à Arthur C. Clarke, on excusera rapidement Ridley Scott de ses voyants emprunts (comme on l’avait déjà fait sur Alien et Blade Runner).

En place de la traditionnelle bande-annonce, voici plutôt l’une des vidéos virales qui a précédé la sortie du film :

Avec Alien, Ridley Scott faisait de la SF horrifique composée (je vous fais le dosage à la louche) de 80% d’horreur et de 20% de science-fiction. Avec Prometheus, il reste dans le même registre sauf qu’il inverse les dosages. S’il reste toujours violent, le film se veut plus réfléchi que son prédécesseur, prolongeant le rapport créateur/création, déjà au cœur de Blade Runner (et de 2001 de Kubrick, ne l’oublions pas), c’est-à-dire de l’extraterrestre (intelligence divine) qui engendre l’homme (intelligence mortelle) qui engendre le robot (intelligence artificielle) en attendant de pouvoir créer à son tour, tel un Dieu, de la technologie vivante (comme les « Ingénieurs» avec les Aliens par exemple), décalant d’un cran la hiérarchie (le robot devenant l’homme, comme dans Blade Runner, et le Dieu devenant un Titan, à l’instar de Prométhée donc).

On vous mentirait si l’on vous disait que Prometheus est aussi important que Blade Runner, chef-d’œuvre ultime de Ridley Scott. Par contre, on pisserait du vinaigre si l’on prétendait que Prometheus n’est pas une magistrale réussite SF tant il jongle habilement avec le souci du grand spectacle et des thématiques qui raccordent encore plus Alien à Blade Runner (on ne vous rappellera pas l’importance des androïdes dans le premier et de la colonisation de l’espace dans le second). On espère donc que Ridley Scott maintiendra le même cap sur la suite qu’il prévoit pour Blade Runner et qui pourrait lui permettre de regrouper tous ses films de science-fiction comme autant de chapitres d’une ambitieuse saga futuriste.

 

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».