World Cinema Foundation Vol.1

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World Cinema Foundation Vol.1

 

Les révoltés d’Alvarado de Fred Zinnermann et Emilio Gomez Muriel, 1936

Le voyage de la hyène de Djibril Diop Mambety, 1973

La flûte de roseau d’Ermek Shinarbaev, 1989

Rating: ★★★★★

La World Cinema Foundation est une organisation à but non lucratif qui se consacre à la préservation et à la restauration d’œuvres essentielles du patrimoine cinématographique, elle organise la première édition d’un coffret, un premier volume de quatre films. Après déjà avoir porté un regard sur Transes, nous nous intéressons aux trois autres films.

 

Marx au Mexique (Les révoltés d’Alvarado)

Les pêcheurs de la ville d’Alvarado sont soumis au choix de la main d’œuvre d’un seul homme, Don Anselmo. Alors ils se retrouvent payés au prix le plus bas, avec le fait que l’emploi est très aléatoire, parfois il y a des poissons, parfois. Commence alors une contestation, s’appuyant sur la lutte des classes de notre cher ami Karl. Des motifs de l’eau peuplant le film, élément donnant la vie mais pas forcément de travail, les deux réalisateurs nous parlent du caprice de la loi et de l’économie de marché. Il en résulte déjà des réflexions sur la surpêche mais aussi une qualité documentaire du film.

 

L’Afrique d’hier est la même qu’aujourd’hui (Le voyage de la hyène)

Ce titre est un triste constat, mais le film de 1973 est encore très actuel. D’une histoire d’amour entre deux jeunes sénégalais, un frimeur à moto et une étudiante, le réalisateur traite du rêve des jeunes africains à vouloir arriver en France, contrairement aux parents, ne voyant pas ça forcément d’un bon œil. C’est donc une Afrique qui commençait sa mutation mais ne l’ayant jamais fini. Néanmoins, le réalisateur traite d’un Sénégal à dimension tribale (superstition), avec une énergie et force tribale ainsi qu’une dramaturgie de la nature passant par des paysages secs et arides pouvant avoir de la végétation, enveloppé d’un humour burlesque et de tradition (la célèbre lutte sénégalaise). Une qualité documentaire se dégage aussi notamment sur les abattoirs d’animaux et il faut noter aussi un excellent travail sonore. L’Afrique est encore le lieu de la débrouille où le tout le monde escroque tout le monde.

La poésie comme ultime vengeance (La flûte de roseau)

D’une introduction sur la création professionnelle des poètes au Kazakhstan, nous arrivons à une histoire de vengeance. Mais on est loi des sud-coréens, d’un excellent travail de la lumière, nous assistons à une dramaturgie de la nature (le charme des saisons dans les plaines orientales d’Asie), expression poétique d’un monde disparaissant au profit du totalitarisme soviétique de Staline. En effet, le réalisateur essaie de montrer la marginalisation  des peuples proprement asiatiques qui peuplaient la Russie orientale, cela passe par le travail prolétaire capté dans le film, mais aussi la rencontre du héros avec des russes, instrument de vengeance d’un père disparu. Cela nous amène à réfléchir sur l’errance des hommes, cherchant la paix et la justice dans un monde changeant.

 

Ces trois films ont en commun une qualité documentaire, l’évocation d’une société se transformant mal ou pas assez pour le plus grand nombre d’où il en ressort la gravité, et enfin une dramaturgie de la terre mère, fertile on ne connaît pas le béton. Ces films sont par conséquent importants pour leur contribution à l’histoire et l’histoire de l’art, ce sont les premiers films d’auteurisme mondial.

Le coffret  DVD World Cinéma Foundation est disponible chez Carlotta.

Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…