Critique de Walk Away Renée

VN:F [1.9.22_1171]
Notez ce film
Rating: 0.0/5 (0 votes cast)

Walk Away Renée

 

De Jonathan Caouette

Avec Renée Leblanc, Jonathan Caouette, Adolph Davis

Etats-Unis, France – 2011 – 1h27

Rating: ★★★★☆

 

Jonathan Caouette, a pris une grande décision. Suite à un appel en détresse de sa mère, dans un institut spécialisé pour personnes atteinte d’importants troubles mentaux, il décide de venir la chercher pour la faire emménager près de chez lui. Elle habite à Houston, il habite à New York et sa mère est Renée Leblanc, déjà héroïne du premier long-métrage de son fils, Tarnation

 Tarnation, réalisé en 2004, racontait simultanément la vie de Jonathan Caouette et celle de sa mère Renée Leblanc : comment une petite fille comme les autres, était perçue comme anormale suite à un malencontreux accident et dût faire des allers-retours dans des établissements psychiatriques ; comment un garçon sans histoire fût baladé de foyer en foyer, entre maltraitance et négligence. La caméra devient pour Jonathan l’instrument de sa paix, de sa thérapie, elle devient son reflet et ce sera l’outil pour échanger avec sa mère et le monde. Tarnation proposait plus un travail de vidéaste, près de 20 années de vie filmées, ici la caméra se montre plus intime, après tout nous regardons la relation d’une mère et de son fils. D’une caméra à l’épaule par conséquent, c’est un road trip à travers les Etats-Unis où s’entrecroisent passé, présent et future, avec une touche de scénario, au début du voyage on perd les médicaments de Renée…

 

Jonathan se sentait obliger de revenir sur son passé,  avec des images fixes ou animés tel des archives, tout en y collant une bande-son très moderne, à l’heure où l’application Instagram (faire vieillir ou jaunir des photographies récentes pour donner du style) est racheté. Le présent est ce voyage sur la route, moment de réflexion et de mise au point, à travers les fêtes foraines aux allures de parc fantastiques par les filtres de lumière, les parcs naturels où les gens, passant floutés, sont des ombres témoins anonymes et la ville est le lieu le plus compliqué pour gérer sa mère. Quant au futur, il est cosmique, Jonathan est partisan  des théories sur la possible existence d’univers parallèle, en plus d’autres galaxies, et il a un fils adolescent. Il déploie alors beaucoup d’effets d’images, de vues de l’espace va même jusqu’à imaginer inverser les rôles de sa mère et lui, il devient le malade et sa mère le raisonnable. Mais dans un futur terre à terre, c’est surtout la foi en une stabilité chez sa mère qui passera ailleurs que dans la pellicule et les médicaments. On pourrait la croire hippie de San Francisco, professeur de théâtre, ou chanteuse de rue telle Karen Dalton, d’ailleurs Houston au même titre que Portland ou la Nouvelle-Orléans, a une réputation d’abriter de nombreux musiciens de rue. La caméra permet donc d’imaginer la vie qu’aurait pu avoir Renée sans sa psychose schizophrénique, avec un montage d’images passées d’elle en véritable reine de beauté des seventies.

 

Pour conclure, je pense que Jonathan Caouette nous exprime l’empathie que nous devons avoir avec les gens aux problèmes mentaux, grave ou non, car la première cause de maladie mentale, tel le disait Milos Forman, en réalisant Vol au-dessus d’un nid de coucous, est le social. Nous comprenons alors que Renée n’est pas un chemin de croix pour Jonathan, ni un sacerdoce, ni un fardeau, c’est sa mère et cet œuvre cinématographique en est une magnifique preuve d’amour.

Hamburger Pimp

Partager cet article
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • email

About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…