Critique de [REC 3] Génesis

VN:F [1.9.22_1171]
Notez ce film
Rating: 3.0/5 (12 votes cast)

[REC 3] Génesis

de Paco Plaza

avec Leticia Dolera, Diego Martin, Ismael Martinez, Alex Monner

Espagne – 2012 – 1h20

Rating: ★★★☆☆

 

Alors que le tandem Balaguero/Plaza semblait avoir trouvé le parfait équilibre entre leurs deux univers (très différents à la base) avec les deux premiers opus de la saga, c’est en solo que Plaza signe ce [REC 3] Génesis.

S’affranchissant de l’aspect documenteur des précédents films, comme du sérieux de son comparse, le réalisateur peut alors s’adonner pleinement à ce qu’il aime faire le plus: un film bis. Si vous avez un peu lorgné sur la filmo du bonhomme, vous aurez sans doute remarqué son penchant pour l’humour grand guignol et le gore craspec. Il n’y a donc rien d’étonnant à retrouver ces deux ingrédients dans son dernier film.

Partant d’un grand mariage, virant au cauchemar suite à une contamination express qui change une bonne partie des invités en zombies (quoi que…), Plaza privilégie le second degré, enchaine les gags (John l’Eponge, Saint Georges), tout en parsemant le tout de petits intermèdes bien gorets. Mais pas tant que ça au final, le réalisateur préférant vraiment pousser à fond son délire de série Z, ce qui l’empêche de réellement jouer sur la peur, en dehors de jumpscares, souvent bien amenés, confirmant au passage que le vrai épouvanteur des deux reste Balaguero.

Cependant, il faut bien reconnaître que [REC 3] amorce tout de même des idées novatrices pour un film de zombie (ce qui, vous le savez, n’est jamais facile, tant le genre est sclérosé). Tout d’abord, la « Génesis » du titre (sans rapport avec le groupe) ne signifie pas que ce film est un prequel du premier (un plan sur une télé en marche nous fait comprendre qu’il se déroule en même temps que les événements de l’immeuble), ni qu’il explique réellement le pourquoi de l’épidémie. Pourtant, cette « Génesis » amorce un début de réponse, suffisant pour éclairer le spectateur sur la fin de [REC1] (et sur l’habitant du dernier appart). Mais rappelons-le, comme l’a instauré le Master Big George, les films de zombie suivent les personnages confrontés à une épidémie soudaine dont ils ignorent toujours la cause (sauf pour les Resident Evil, mais c’est une autre histoire), comme cela se produirait dans la réalité.

On regrette cependant un pré-générique en shaky cam, faisant le pont avec le style de réalisation des précédents opus et le style cinéma désormais adopté, qui, bien qu’il soit habilement utilisé pour poser l’ambiance et amener l’élément perturbateur, demeure bien trop long et bien trop gerbant (arrêtez de croire que les spectateurs aiment avoir la gerbe au ciné comme s’ils étaient sur un bateau) pour une simple intro. Mais ce bémol est assez vite oublié pour tous ceux qui acceptent le parti pris bis du film.

Ne vous attendez pas à un film terrifiant, à revivre la tension folle et l’oppression des premiers opus. Ce [REC 3] est un pur délire à la Paco Plaza, avec des gags, du gore, du fun. Les amateurs du genre seront ravis, les fans de la saga, beaucoup moins… Reste à voir ce que donnera le [REC 4] Apocalyse de Balaguero !

 

Lullaby Firefly

Partager cet article
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • email

About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.