Critique de My Week with Marilyn

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My Week with Marilyn

De Simon Curtis

Avec Michelle Williams, Eddie Redmayne et Kenneth Brannagh

Royaume-Uni/Etats-Unis – 2011 – 1h39

Rating: ★☆☆☆☆

 

Après J. Edgar Hoover en janvier, Margaret Thatcher en février, Claude François en mars, c’est Marilyn Monroe qui est incarnée à l’écran, pour la fournée biopic du mois d’avril. Enfin… « biopic », ou presque, puisque My Week with Marilyn évite le débitage linéaire d’une bio wikipédia, et s’attarde sur un court passage (une semaine donc) de la vie de la star.

Tiré du roman autobiographique de Colin Clark, My Week with Marilyn aborde sa rencontre avec l’actrice sur le tournage du Prince et la Danseuse. Colin (Eddie Redmayne), blanc-bec naïf de 23 ans, bien sous tous rapports, est prêt à tout pour faire carrière dans le cinéma. A force d’acharnement, il parvient à se faire engager bénévolement, comme troisième assistant sur le prochain film de Laurence Olivier (Kenneth Branagh). Souffre-douleur sur le plateau, le jeune gringalet se trouve vite un joli lot de consolation, en devenant le nouveau chouchou attitré de Marilyn (Michelle Williams).

Figure imposée du biopic, la ressemblance avec le(s) personnage(s) évoqué(s) est souvent essentielle à l’immersion du spectateur dans le récit. Et sur ce point, le film nous donne le désagréable sentiment d’assister au casting  du nouveau télé-crochet de M6 : A la recherche de la nouvelle Marilyn, où une jeune candidate fébrile, poussée par une ambition loanesque, tente désespérément sa chance. Mais ni la choucroute jaune, ni le booty pachydermique de Michelle Williams ne permettent de créer l’illusion. Pourtant Simon Curtis multiplie les efforts pour tenter de recréer, à base de plans soigneusement calibrés, des clichés de la star qui appartiennent à la mémoire collective. Mais si Marilyn reste encore aujourd’hui une sorte d’icône, c’est sans doute parce qu’elle possédait quelque chose d’unique, une aura, un sex-appeal, qui conduit inéluctablement toutes imitations, vers un suicide artistique.

L’échec au concours de sosies dissipé, tant pis pour l’immersion, reste à se pencher sur ce témoignage proposé par Colin Clark. Qu’y a-t-il bien pu se passer durant cette semaine, si extraordinaire, si bouleversante, qu’elle a donné lieu à un livre et un film ? Question qui demeure sans réponse durant les 102 longues minutes du film. Simon Curtis propose pourtant une intrigue double, partagée entre les tracas d’un tournage compromis par des caprices de star, et cette brève amourette désespérée. Mais rien n’y fait, le tournage est pollué par des protagonistes présentés de façon manichéennes, opposant les méchants jaloux et les gentils innocents. En parallèle la romance fleur bleue, peine à soulever des émotions. Difficile d’être attendri par le regard béat d’Eddie Redmayne, proche de celui d’un cocker posté devant un morceau de jamboneau, situé à portée de museau. A peine une léchouille échangée, et le jamboneau lui est retiré. On reste nous aussi sur notre faim ; n’est pas Robert Mulligan qui veut…

 

Zelig


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Curiosité de la nature et énigme pour la science, Zelig possède la faculté de se fondre au décor en toutes circonstances. Les scientifiques se sont résignés à interrompre tous tests, jugés trop dangereux, lorsque « l’ homme-caméléon » s’est transformé en étron après avoir été trop longtemps exposé à un film de Christophe Barratier. Ce furent les deux pires minutes de l’existence de cet Zelig, qui pour tenter d’oublier, fut contraint de trouver refuge dans l’alcool. Reconverti pilier de bar bénévole, vous pouvez croiser cet étrange énergumène, au détour d’une virée nocturne.