Critique de Mondwest

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Westworld

De Michael Crichton

Avec Yul Brynner, Richard Benjamin et James Brolin

Etats-Unis – 1973 – 1h28

Rating: ★★★★☆

Avant Stephen King il y avait Michael Crichton, auteur de best-sellers qui, au début des années 70, connaît un succès fulgurant avec l’adaptation par Robert Wise de son roman de science-fiction, The Andromeda Stain (Le Mystère Andromède chez nous), où l’on retrouve son goût pour les intrigues médicales (Crichton sera à l’origine de la série Urgences) et les ambiances de catastrophe scientifique imminente (il imaginera également la franchise Jurassic Park). C’est donc à peine deux ans plus tard que la Metro-Goldwyn-Meyer propose au romancier de mettre en image son propre scénario de Mondwest, film d’anticipation assez atypique dans l’ère post-2001 l’Odyssée de l’Espace qu’Aventi vient de rééditer en DVD et Blu-ray.

Dans une société futuriste basée sur l’aménagement du temps de loisirs, le parc d’attraction Delos propose à ses visiteurs de s’immerger dans trois périodes historiques : la Rome antique, le Moyen-âge et le Far-West. Chaque époque est ainsi représentée par un village thématique peuplé d’androïdes plus vrais que nature pour combler les rêves d’aventures des touristes dans un jeu de rôle grandeur nature sans danger… Ou presque puisqu’un bug général va transformer les robots jusqu’à présent dociles en redoutables machines à tuer. Parmi eux, on retrouve Yul Brynner (oui le Ramsès II des 10 Commandements !) qui enfile à nouveau sa panoplie de cowboy des 7 Mercenaires pour interpréter un protoTerminator bien avant l’heure.

Mélangeant les décorums du western, du film de cape et d’épées et du péplum dans le cadre d’un film de science-fiction, Mondwest serait à la lisière du grand n’importe quoi si Crichton ne cherchait avant tout à dénoncer les travers d’une société qui tire profit des pulsions de vie et de mort de ses individus. Car au-delà des jeux d’enfants, John et Peter (les deux clients sur lequel se focalise le récit) préfèrent rapidement s’adonner à des jeux plus adultes, comme coucher avec des prostituées au lieu de participer à la grande fusillade qui se déroule devant le lupanar. Cette idée sous-jacente de tourisme sexuel libéré de toute contrainte morale ira en s’amplifiant, d’une gynoïde réparée en urgence après que celle-ci ait refusé les avances d’un client libidineux à la séquence finale où Peter en libère par méprise une autre, attachée dans une salle de torture (par conséquent destinée aux pires outrages).

Les supplications de ce dernier robot, alors qu’il n’y a plus personne pour le torturer, posent en définitive la grande question ouverte du film (et comblant le trou sur l’absence d’explication du dysfonctionnement des robots) : en déléguant son génie à sa propre technologie (un scientifique avoue ne rien comprendre aux réactions des robots puisque ceux-ci sont conçus par une autre machine), l’Humanité ne se condamne-t-elle pas elle-même, se vidant de sa propre substance pour laisser émerger une intelligence artificielle qu’elle ne pourra pas contrôler ? Bon, on n’ira pas jusqu’à prétendre que Michael Crichton a été le premier à mettre en évidence cette interrogation. Toutefois, il fait de son premier long-métrage de cinéma un trait d’union plus que malin entre 2001 et la saga Terminator à venir.

 

The Vug

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Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».