Critique de La Cabane dans les bois

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Rating: 3.5/5 (10 votes cast)

The Cabin in the Woods

de Drew Goddard

avec Kristen Connelly, Chris Hemsworth, Anna Hutchinson et Fran Kranz

Etats-Unis – 2011 – 1h35

 Rating: ★★★★☆

Sortie en salle le 2 mai

Quiconque aura grandi dans les années 90 ne peut avoir réchappé au phénomène Buffy. A l’origine du succès de la série, le scénariste Joss Whedon, dont la carrière semblait tracée à la télé. Mais depuis Serenity, le bonhomme a goûté aux joies du grand écran et décrocha le sésame en obtenant le poste de réalisateur de The Avengers, LE gros projet Marvel de 2012, et un des blockbusters les plus attendus de l’année. Mais Whedon ne chôme pas, co-signant également le scénario de La Cabane dans les Bois avec Drew Goddard (scenariste de certains Buffy et de Cloverfield), et occupant la chaise de réal de seconde équipe au passage, pendant que Goddard se chargeait de la première.

Le film suit donc cinq étudiants partis en week end dans une cabane au fond des bois, où ils vont sans le vouloir réveiller quelque chose…

Le problème avec La Cabane dans les Bois, c’est qu’il s’avère presque impossible d’en faire le pitch sans risquer de spoiler, tant le scenario est dense et les twists, nombreux (ne vous fiez pas à la bande annonce qui en dit à la fois trop et pas assez..). Alors forcément, ce début de pitch fait penser que le film n’est qu’un réchauffé d’Evil Dead. En réalité, le film s’avère bien plus complexe et bien mieux ficelé que cela. Pour faire court et sans trop en dire, disons que c’est Evil Dead avec un soupçon de Cube. Sur le papier, ça paraît improbable, et le grand tour de force du duo reste le fait de réussir à rendre plausible, du moins acceptable, une intrigue qui devient délirante au fur et à mesure du film.

Mais lorsque le créateur et l’un des scénaristes de Buffy bossent ensemble, l’ombre de la Tueuse ne peut que planer sur le projet. De la même manière que la série, le film se voit truffé de scènes délirantes et de répliques tordantes, apportant au film une légèreté compensant avec la lourdeur du sujet. Alors bien sûr, le résultat ne fait certes pas vraiment peur, mais on salue la capacité du duo à ne jamais tomber dans la caricature, à mimer sans jamais parodier et à éviter la lourdeur d’un Wes Craven, en distillant un esprit vraiment fun, tout en maîtrisant son intrigue, jouant sur le suspense et amenant par moment une réelle tension et multipliant les références au Fantastique et à sa mythologie. La réalisation de Goddard est ingénieuse, évitant l’écueil du jumpscare, même s’il s’amuse à en placer quelques uns, plus dans le but de faire sourire que pour effrayer réellement son spectateur.

Sans être réellement une comédie et sans se prétendre réellement film d’horreur, La Cabane dans les Bois frappe par son originalité.  Intelligemment mené et fort bien écrit, le film distille moult références et gags bien amenés, dans la plus pure tradition de la culture geek. On n’en attendait pas moins de la part du créateur de Buffy et de son disciple…

Lullaby Firefly

 

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.