Critique de Road to nowhere

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Road to nowhere

 

De Monte Hellman

Avec Shannyn Sossamon, Tygh Runyan, Dominique Swain

Etats-Unis – 2010 – 1h56

Rating: ★★★★☆

 

Un jeune cinéaste, Mitchell Haven, revenant sur le devant la scène d’Hollywood, peine à trouver son actrice principale. Il cherche une femme capable de jouer la maîtresse d’un politicien véreux avec qui cette dernière s’est enfuie en emportant 100 millions de dollars, Velma Duran. Il tombe alors sur Laurel Graham, jeune actrice amateur, ressemblant étrangement à la disparue…

Mise en abîme et disparition du 4ème mur, Road to nowhere est un film noir très particulier. En premier lieu car il superpose différents niveaux de réalité (la réalité de la combine d’argent, la réalité de tournage, la réalité du film tourné), différents niveaux de temporalité (l’avant-tournage, le tournage, l’après tournage, la temporalité du film tourné) et différents supports d’image (caméra dv, caméra de tournage, écran d’ordinateur ou écran de télévision). Tout ceci est fait pour brouiller le spectateur, brouiller les pistes de la réalité et du fantasme. Shannyn Sossamon jouerait alors une supra femme fatale, car son incarnation du personnage de Velma pour le bien du film de Mitch Haven, est bien plus vraie que nature (ce silence pesant quand Laurel va se recueillir sur la tombe de Velma), à en attirer l’obsession du personnage de cowboy qu’est Bruno, enquêteur sur les arnaques à l’assurance. D’ailleurs ce personnage semble sortir d’un film de David Lynch, sa dégaine assuré mais bancale et nonchalante ainsi que son goût démesuré pour l’alcool. De plus, l’ambiance du film, avec sa lumière naturelle et ses couleurs naturelles retravaillés numériquement, lorgnent vers le travail de David Lynch pour son dernier film Inland Empire. David Lynch est d’ailleurs un obsessionnel, tout comme le personnage du réalisateur, Mitchell Haven.

En effet l’obsession du film à réaliser pour Mitchell, est l’actrice principale, le point le plus important selon lui. Et face à cette actrice qu’il avait remarquée dans un navet (le regard, première étape de la rencontre), qui peut donner d’ailleurs des impressions de fillette au spectateur (elle s’amuse à faire trembler sa bouche), Mitchell essaie de fusionner peu à peu avec elle. On remarque une excellente séquence de balade dans une ville italienne (romance), une rencontre qui se fait par le biais de l’art (églises, fontaines) avec la seconde et troisième étapes (parole et toucher). UN cadre idyllique, qui est en contraste avec le tournage, dans le middle west américain, une petite bourgade sans ambiance jazzy de film noir, mais un jukebox ou un magnifique a capella, un bon bar de province. Ce qui fera alors la beauté de leur relation est l’amour par cinéphilie, Mitchell et Laurel regardent des films en amoureux ou Mitchell lui conte des poèmes.

Monte Hellman réussit un film sur le cinéma en extrant tout ce qui est sensuel, mais aussi sur un film l’Amérique, cette Amérique de la crise et des combines pour détourner le fisc. Il y a une lenteur pour que la poésie s’installe, du silence pour que la contemplation se fasse et de la tragédie pour que la vérité se passe.

 

Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…