Critique de Perfect Sense

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Perfect Sense

De David Mackenzie

Avec Ewan McGregor, Eva Green, Connie Nielsen et Ewen Bremner

Royaume-Uni/Suède/Danemark/Irlande – 2011 – 1h32

Rating: ★★★★☆

 

Une inexplicable pandémie se répand sur la planète : d’abord soumis à une profonde crise émotionnelle bien précise (tristesse, boulimie, colère…), les individus perdent leurs sens (odorat, goût, ouïe…) les uns après les autres. C’est dans cette ambiance de fin du monde annoncée que Susan, une jeune épidémiologiste, entame une relation amoureuse avec Michael, chef-cuisinier du restaurant situé  en face de chez elle.

2012 année de fin du monde oblige, les films apocalyptiques se succèdent et ne se ressemblent pas. Spécialisé dans  les films romantiques qu’il décline à toutes les sauces (comédie, drame, policier), David Mckenzie plonge cette fois dans le cinéma fantastique avec Perfect Sense qui suit Code 46 et autres Never Let Me Go sur la voie des films SF made in UK attifés en film d’auteur pour mieux décrire une love story contrariée.

Ici, l’apocalypse se fait par la perte des sens, partant du postulat anthropocentriste que l’Univers finit par disparaître s’il n’y a plus aucun moyen de le percevoir. A une exception près (le toucher soit le fameux perfect sense en question), l’Humanité perd ses sens dans l’ordre même où ceux-ci apparaissent chez le bébé in utero. A chaque sens perdu, il faut ainsi recomposer avec ceux qui restent, comme un réapprentissage permanent de l’environnement des personnages qui, à la base individualistes, vont devoir se rapprocher de l’Autre pour pouvoir surmonter l’épreuve finale. Comme une nouvelle naissance ou, du moins, un nouveau baptême au sens chrétien du terme (si le cuisinier interprété par Ewan McGregor a pour spécialité le poisson, ce n’est certainement pas pour rien) afin de s’épanouir dans le nouveau paradigme où seul le tactile vaudra. Car au-delà de la fin d’un monde, Perfect Sense ne fait qu’imaginer la naissance d’un nouveau, certes minimal mais centré en définitive sur ce vers quoi aspire tout être humain.

Si la critique de la société de consommation  (celle-là même qui pousse l’individu à se couper de l’autre) reste assez évasive, Perfect Sense nous fait quitter la salle avec la furieuse envie d’enlacer l’être aimé. On passera donc sur sa lenteur, son maniérisme parfois ridicule et son esthétisme rappelant paradoxalement les campagnes publicitaires qui cherchent à donner des leçons de vie universelles pour ne retenir que la douce euphorie qui clôt ce film apocalyptique étonnamment optimiste.

 

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».