Critique de John Carter

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John Carter

D’Andrew Stanton

Avec Taylor Kitsch, Lynn Collins, Samantha Morton, Willem Dafoe, Thomas Haden Church, Mark Strong, Ciarán Hinds et Dominic West

Etats-Unis – 2012 – 2h12

Rating: ★★★☆☆

En 1912, le noveliste pulp Edgar Rice Burroughs créé deux personnages qui feront sa fortune. Si le premier, Tarzan, est devenu, au fil des adaptations ciné et BD, une icône de la culture populaire moderne, le second, John Carter,  ne partage pas la même renommée, du moins en dehors des pays anglophones. Pourtant, cet oncle imaginaire d’Edgar Rice Burroughs est le héros fantastique moderne séminal puisqu’il précède avec presque deux décennies d’avance les premiers héros de science-fiction (Buck Rogers, Flash Gordon) et d’heroic fantasy (Conan) sans oublier les super-héros (la gravitation martienne donne à John Carter une force herculéenne) qui apparaitront à la fin des années 30. Pour le centenaire de la création de John Carter Disney sort l’artillerie lourde et confie au réalisateur-scénariste de l’écurie Pixar Andrew Stanton (à qui l’on doit 1001 pattes, Le Monde de Nemo et surtout WALL-E) le privilège de donner vie au personnage sur grand écran.

L’histoire commence sur Terre à la fin du XIXème siècle où le jeune Edgar Rice Burroughs hérite de la fortune de son oncle John Carter, récemment décédé. Ce dernier lui lègue également un journal intime dans lequel il relate une étrange aventure. Se réfugiant dans une grotte pour éviter une attaque Apache, John Carter met la main sur un médaillon magique qui le téléporte sur la planète Mars, nommée Barsoom par les différentes civilisations qui y vivent. Plongé au cœur d’un conflit qui oppose le tyran Sab Than au reste des Martiens, John Carter va taper dans l’œil de la jolie Dejah Thoris (interprétée par la sublime Lynn Collins, succèdant à Traci Lords et un Princess of Mars ultra cheap) qui voit dans l’Américain musclé le meilleur moyen de rétablir la paix sur la planète.

Entre science-fiction et heroic fantasy, John Carter en met plein les mirettes : combats épiques (sur terre, dans les airs ou au milieu d’une arène), Martiens à quatre bras, monstres en tous genres, engins volants rétrofuturistes, tenues légères (mais un brin trop prude, Disney oblige) et plaines désertiques de Mars à perte de vue. L’exotisme et l’imaginaire sont bien au rendez-vous et le dépaysement est total. Délicieusement naïf et décérébré, John Carter est le premier concurrent sérieux d’Avatar sur le terrain de la SF à budget démesuré (250 millions de dollars !!!).

Moins immersif toutefois que le blockbuster de James Cameron (la 3D n’apporte une nouvelle fois rien d’intéressant), John Carter a pour principal défaut d’arriver après toutes les œuvres que l’histoire originale d’Edgar Rice Burroughs a pu inspirer depuis cent ans de culture populaire (de Conan le barbare à L’Attaque des clones pour faire large). Cependant, si on ne niera pas son statut de machine à fric tape à l’œil, John Carter reste une mise en bouche des plus acceptables dans l’attente du gros plat de résistance que devrait constituer l’énorme Prometheus de Ridley Scott.

 

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».