Les Rednecks en 10 films

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Ils puent, ils ont les dents pourries, ils couchent avec leurs cousines et sont naturellement prédisposés aux pires perversions. Non, je ne parle pas des aristocrates sous Louis XIV mais bel et bien des rednecks et autres hillbillies, ces bouseux de l’Amérique profonde qui trucident les touristes sur grand écran depuis plus de quarante ans. Retour sur 10 films clés du genre.


2000 MANIACS! de Herschell Gordon Lewis (1964)

Après avoir ouvert les portes du cinéma gore avec Blood Feast, Herschell Gordon Lewis embraye l’année suivante avec ces 2000 Maniacs !, habitants fantomatiques de la ville sudiste de Pleasant Valley qui massacrent les yankees égarés. Une vraie boucherie, certes, mais qui se fait dans une ambiance festive et au son du banjo lors d’une kermesse ayant lieu tous les cent ans ! Ce décalage permanent entre violence et bonne humeur amène le film au firmament du cinéma bis.


DELIVRANCE de John Boorman (1972)

Quatre citadins décident de descendre une rivière avant que celle-ci ne disparaisse après la construction d’un barrage. Ils deviendront les victimes de montagnards pervers. Au confluent de plusieurs styles (aventure, thriller, drame, horreur, film écolo), Délivrance est une œuvre inclassable, devenue avec le temps une référence dépassant le simple cadre du cinéma de genre. Des ravages de la consanguinité au sadismes en pleine nature, le film impose des motifs appelés à devenir des archétypes du genre.


MASSACRE A LA TRONCONNEUSE de Tobe Hooper (1974)

Cinq jeunes partent en pleine cambrousse pour passer quelques jours dans la vieille maison familiale abandonnée de deux d’entre eux. Sur la route, ils croisent un autostoppeur qui leur parle de fromage de tête avant de terrifier tout le monde en se tailladant la main. Arrivés à destination, les jeunes citadins rencontrent enfin les voisins, d’anciens bouchers au chômage s’adonnant au cannibalisme. Influencé par Psycho et La Nuit des morts-vivants, Massacre à la tronçonneuse est le classique horrifique du genre. Plus axé sur la lutte des classes que Délivrance, le film de Tobe Hooper traite des laissés pour compte de l’Amérique, la désertification des campagnes amenant au barbarisme. Un cauchemar psychédélique rythmé au son de la tronçonneuse, bien moins gore que son titre ne laisse présager. Par la suite, Tobe Hooper ne fera jamais mieux.


LA COLLINE A DES YEUX

de Wes Craven (1977)

La version mutante du film précédent. Une famille d’Américains modèle se perd dans le désert du Nouveau-Mexique et devient la proie d’une autre famille, dégénérée celle-là, qui a survécu sur une ancienne zone d’essais nucléaires. Cinq ans après La Dernière maison sur la gauche, Wes Craven poursuit sa quête d’un cinéma d’exploitation ultra-violent. Au programme : difformités, cannibalisme, barbarisme, viols, meurtres, sadisme… Alexandre Aja en fera un remake encore plus traumatisant en 2006.


MOTHER’S DAY de Charles Kaufman (1980)

Une vieille mère et ses deux fils adorés, l’un fan de disco, l’autre fan de punk, forment une joyeuse famille qui habite une maison dans la forêt et qui massacre dans la bonne humeur les imprudents qui viennent s’y perdre. Les rednecks façon Troma, la fameuse société de production de séries Z des frères Kaufman, tordent le coup aux conventions par leur sensibilité au confort moderne (la famille possède même une salle de musculation dernier cri). Du grand n’importe quoi donc. Dans un registre plus sérieux, mais dans la même veine fauchée, on pourra citer les rednecks violeurs d’I Spit on Your Grave de Meir Zarchi.


SANS RETOUR de Walter Hill (1981)

Parti en exercice militaire dans les bayous de la Louisiane, des soldats s’attirent les foudres des Cajuns du coin après avoir tiré à blanc sur un habitant. La riposte se fera à balles réelles et les membres de la section se feront massacrés un à un dans les marais inhospitaliers. Version militarisée de Délivrance, Sans retour est un exercice original du genre qui traite, en filigrane, de la guerre du Vietnam, et qui a gagné depuis ses galons de film culte.


SONNY BOY de Robert Martin Carroll (1989)

Un autre film culte pour une histoire totalement barrée qui retranspose le mythe de Tarzan dans un Texas halluciné. Recueilli par le criminel qui vient de tuer ses parents, un bébé atterrit dans les bras d’un caïd psychopathe vivant avec un travelo interprété par David Carradine (!!!). Rebaptisé Sonny Boy, l’enfant grandit dans un silo à céréales et subit les pires sévices qui le transformeront en machine à tuer. Un film qui ne ressemble à rien de connu et qui influencera grandement Rob Zombie pour sa carrière cinématographique.


LA MAISON DES 1000 MORTS de Rob Zombie (2003)

Puisqu’on parle de lui, difficile de faire ce petit panorama des rednecks sans parler de la famille de fous furieux imaginée par Rob Zombie qui se révèle bien plus violent sur pellicule qu’avec son groupe d’indus-metal White Zombie. Tombant dans les griffes des Firefly, deux jeunes couples vont découvrir que les psychopathes font intégralement partie du folklore texan. Un film d’horreur grand-guignolesque aux allures de train-fantôme qui trouvera une suite remarquée avec l’encore plus brutal The Devil’s Rejects.


WOLF CREEK de Greg McLean (2006)

Encore plus sauvage que l’Amérique : l’Australie et ses zones désertiques à perte de vue. Parti admirer le majestueux cratère qui donne son nom au film, un groupe de jeunes tombe en panne de voiture. Le brave gars du coin venu les dépanner n’est qu’en fait un dangereux psychopathe qui compte les torturer un par un et  très longuement. Rien de nouveau aux Antipodes si ce n’est que le redneck est cette fois un chasseur solitaire, calme et d’une précision redoutable, tout comme la réalisation de Greg McLean qui arrive à recycler un canevas ultra-éculé. Pour rester au pays des kangourous, on citera également Insane de Jamie Blanks, certes un cran en dessous mais tout aussi sympathique.


TUCKER & DALE FIGHTENT LE MAL

d’Eli Craig (2010)

Le Shaun of the Dead du genre. Détournant tous les codes du film de redneck, le premier film d’Eli Craig introduit donc Tucker et Dale, deux braves gars de la campagne serviables et accueillants, voire même excessivement sensibles. Bref, l’inverse de tous les affreux jojos présentés précédemment. Sauf qu’une série de malencontreux hasards pousse une bande de jeunes pleins de préjugés à venir causer plein d’emmerdes à notre sympathique duo. C’est frais, c’est drôle et ça vient de sortir au cinéma. Ne m’obligez donc pas à sortir ma tronçonneuse pour vous pousser à aller le voir celui-là !


The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».