Critique de Gantz Revolution

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Gantz : Perfect Answer

 

De Shinsuke Sato

Avec Kazunari Ninomiya, Kenichi Matsuyama, Yuriko Yoshitaka

Japon – 2011 – 2h15

Rating: ★★★★☆

 

On avait laissé Kei et Masaru affronter des extraterrestres sous les ordres de Gantz, une mystérieuse entité à l’intérieur d’une sphère noire. Il y a maintenant plus que Kei, qui veut faire revenir Kato en gagnant 100 points d’expériences et qui s’occupe du petit frère de ce dernier. Mais les règles semblent avoir changé car une petite sphère noire a fait son apparition chez une ancienne candidate de Gantz. D’autant plus qu’un policier (un des protagonistes de la farce Milocrorze) en quête sur des disparitions de personne qui réapparaissent…

La suite du manwha célèbre laisse place à plus de réflexion. En effet, au lieu de retourner le feu de l’action avec les missions, le réalisateur tantôt privilégie la romance avec le personnage principal Kei, avec sa copine de fac Tae. Ce sont des non-dits qui passent par les traits de dessin de Tae (les rêves, les espoirs), car on assiste à un couple timide et platonique dont l’unique promesse est une sortie dans un parc d’attractions, à la fois symbole de l’enfance et de l’imaginaire du merveilleux. Tantôt  le metteur en scène Shinsuke Sato privilégie l’ambiance de film noir qui se dégage de l’enquête du policier et des extraterrestres enquêtant de leur côté pour trouver la pièce dimensionnelle repaire de Gantz. Il se dégage un jeu des images (vidéosurveillance, photos de disparus, effets de vitres et de miroirs) et une notion de secret (présente aussi entre Kei et Tae).Il y a aussi une troisième direction dans le film qui est la notion de jeu, déjà présente dans le premier volet mais définitivement bien plus complexe dans le second, entre lutte contre le temps (l’entité Gantz semble mourir) et témoins extérieurs à l’enjeu.

Cette troisième direction est cristallisée par la séquence de mission dans le métro où l’on apprend que ce que font les choisis de Gantz est une guerre, une bataille dont les déclencheurs seraient les humains. Entre gunfight, combat au sabre, effets de ralenti et de vitesse accéléré, cette séquence de plus d’une vingtaine de minutes n’a rien à envier à Matrix ou d’autres films d’action occidentaux récents. On passe tour à tour dans l’humour, les passagers du métro croient à une blague envoyant Kei et ses comparses dans le wagon, à l’effroi les fusillades perpétrés par les extraterrestres ; au suspense car il y a une mission à remplir contre des adversaires coriaces tout en protégeant les êtres chers dans le train. D’où la notion de bataille, voire de guerre qui prend son ampleur, surtout dans la lutte finale qui est une mélodie de balles en rafale. Tout cela est pour établir un manifeste contre la violence, cette caractéristique propre à chaque homme dont il faut lutter. Le récit installe une entente cordiale (même une histoire s’amour entre un jeune gigolo et une prostitué proche de la quarantaine) entre les choisis, qui s’effrite lors de la dernière mission pour mettre en place une querelle interne : l’homme poussé à bout pour sa survie n’a d’autre choix que la violence ? Ou en quoi la vengeance est utile voire nécessaire à l’homme ?

Sur ces différentes questions, le réalisateur reste flou, de même que sa fin à à-coups, 15 minutes de poésie de la vie quotidienne après la bataille finale. C’est sûrement pour laisser la libre interprétation aux spectateurs. Pourtant le dernier message nous est destiné…

 

Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…