Critique de Dark Souls

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Mørke sjeler

De César Ducasse et Mathieu Péteul

Avec Morten Rudå, Kyrre Hagen Sydness, Ida Elise Broch et Johanna Gustavsson

Norvège/France – 2010 – 1h35

Rating: ★★★★☆

Vouloir faire des films d’horreur en France quand on est français relève du parcours du combattant. Entre la frilosité des producteurs, les budgets ridicules, les distributions confidentielles, le public qui refuse de se déplacer et les critiques qui viennent asséner le coup de grâce, il faut garder une foi inébranlable pour se lancer dans ce type d’entreprise. Ou alors prendre ses valises et quitter l’Hexagone. Pour le Canada, les Etats-Unis, Hong-Kong ou encore la Norvège, à l’instar de César Ducasse et Mathieu Péteul venus présenter leur deuxième long-métrage au 29e Festival International du Film d’Environnement de Paris dans le cadre d’une « Nuit décalée » consacrée aux films d’horreur. Une projection publique qui devra être la seule sur le territoire français, du propre aveu des deux jeunes réalisateurs.

Film d’horreur écolo, Dark Souls scotche d’emblée par une formidable entrée en matière. Une joggeuse, Johanna, tombe sur un maniaque en combinaison orange qui la poursuit dans les bois armé d’une perceuse électrique. La police retrouve le cadavre de la jeune femme qui s’est fait perforer le crâne. Laissée à la morgue, Johanna reprend vie et retourne dans l’appartement qu’elle occupe avec son père, Morten, quinquagénaire tranquille qui enseigne la pratique du violoncelle. On ne sait plus trop si elle est morte ou vivante mais Johanna se met ensuite à suinter et vomir un liquide noir et visqueux que les médecins identifieront comme une forme inconnue d’hydrocarbure. Alors que des crimes similaires se multiplient à travers le pays, au nez et à la barbe d’une police dépassée par les évènements, Morten décide de partir à la trace du tueur à la perceuse. Son enquête va le mener vers une raffinerie de pétrole aux activités étranges.

Avec ses zombies d’un nouveau type sur fond de complot industriel, Dark Souls se révèle comme une agréable surprise qui multiplie les morceaux de bravoure en dépit de son esthétisme à la Derrick (en même temps, Derrick et pétrole, ça reste tout à fait cohérent). On citera pêle-mêle une scène de forage de tête en vue subjective de la victime, la séquence flippe du réveil des zombies à l’hôpital (quelque part entre Lucio Fulci et la J-Horror façon Kiyoshi Kurosawa/Hideo Nakata) et le final apocalyptique totalement délirant qui, par sa faculté à nous amener très loin du point de départ avec une criante économie de moyen, nous rappelle les tous premiers films gore de David Cronenberg.

S’il est loin d’être parfait, Dark Souls relève toutefois d’un cinéma bis hautement fréquentable, non dénué d’humour ni de références pour nous délivrer son message écolo finalement tout simple (l’Humanité est vouée à perdre son âme dans son exploitation à outrance des ressources naturelles). Espérons juste que le film de Ducasse et Péteul ne reste pas trop longtemps invisible dans notre contrée.

 

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».