Critique de Chronicle

VN:F [1.9.22_1171]
Notez ce film
Rating: 3.3/5 (8 votes cast)

Chronicle

 

De Josh Trank

Avec Dane DeHaan, Alex Russel, Michael B. Jordan

Etats-Unis – 2012 – 1h24

Rating: ★★★★☆

Andrew est un jeune garçon solitaire, comme il doit en exister beaucoup dans les lycées américains. Et peut-être qu’il existe un peu moins qu’il serait exactement dans la même situation familiale que lui : un père alcoolique avec des excès de violence et une mère fortement malade. Pour ne pas arranger les choses, il décide d’acheter une caméra et de se promener partout avec, tout le temps. Pourtant son cousin Matt, l’avait prévenu de la mauvaise idée de se balader avec une caméra surtout en soirée. Mais elle va néanmoins servir à filmer une découverte, avec le mec le plus cool du lycée, Steve : une crevasse fluorescente…

C’est un film de super-héros sans être un super-héros. Car on ne voit seulement au départ l’éveil et le ludisme que procurent ces nouveaux pouvoirs pour ce trio de lycéens. Déplacer des objets de différentes tailles et de différents poids, mis en place par des effets spéciaux directement à l’image et non en postproduction, de même que la lévitation, font naître et expriment le sentiment de liberté auxquels les jeunes ; vous, tu, ils, elles, nous ; aspirent. La découverte d’un talent avant de quitter le lycée (belle séquence) est une question primordiale, dans ce contexte et genre de récit et de manière générale. De plus il y a une notion sociale, d’un certain côté le cloisonnement en confidentialité du trio (on essaie nos pouvoirs ensemble en étant filmé, on saigne du nez quand on en abuse trop), qui ne doit empêcher la marginalisation de ce même trio, marginalisation incarnée entre autres par Andrew.

Car, en effet, dit-on souvent dans ce genre de film « de grands pouvoirs amènent de grands responsabilités ». Tel Spiderman auparavant, ou prochainement, ces jeunes se doivent de faire la part entre une utilisation à bon et à mauvais escient, et ne sont que des ados. Des ados qui aussi picolent en soirée et maltraitent leur propre camarade. Des adolescents qui se filment pour leur blog, ou pour laisser une trace avant la vie d’adulte (blog, skyblog, tweeter…), en quoi l’image est devenue très voire trop importante à partir de notre génération youtube. D’ailleurs une des premières choses qu’exerce à faire Andrew est de contrôler à distance sa caméra, pour se filmer tout en utilisant ses pouvoirs, entre témoignage et mégalomanie. La question est soulevée dans le film, Andrew veut aller dans un monastère tibétain et Matt veut aider les enfants d’Afrique. Mais il ya cette rage, cette frustration qui en touchant certains ados muent en eux un sentiment de vengeance et là ils sont tels des Magneto (de X-Men) qui utilisent leurs pouvoirs par le biais de la haine, et dans la culture jeune, un adolescent télékinésique pouvant voler et qui a la rage, c’est le film Akira. Cela tombe bien, la production live de l’anime est en arrêt.

Alors pour conclure, je tire mon chapeau à Josh Trank, réalisateur de 26 ans qui d’un « found footage » (« métrage trouvé ») réfléchit sur l’adolescence et la jeunesse postmoderne, peut-être prisonnière de la technologie et de l’individualisation croissante de la société.

 

Hamburger Pimp

Partager cet article
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • email

About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…