Critique de Cheval de guerre

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War Horse

De Steven Spielberg

Avec un cheval, Jeremy Irvine, Peter Mullan, Emily Watson, Niels Arestrup et David Thewlis

Etats-Unis – 2011 – 2h26

Rating: ★★★★☆

Un fermier anglais (Peter Mullan qui vieillit en accéléré de film en film) achète un cheval bien au dessus de son prix pour épater son propriétaire (David Thelis en mode mesquin). Son fils (Jeremy Irvine qui partage le haut de l’affiche avec le cheval) se lie d’amitié avec l’équidé qu’il nomme Joey. Mais les temps sont durs comme la terre que Joey a labouré et lorsque la guerre éclate, le père doit vendre le cheval à l’armée britannique, celle-ci étant prête à partir à l’assaut du continent. Devenu cheval de guerre, Joey va découvrir avec ses yeux de cheval toute la violence du conflit tout en bouleversant la destinée des personnes qui vont croiser son chemin.

Jusqu’à présent, les blockbusters avec des animaux était la grande spécialité de Jean-Jacques Annaud (où il régnait en maître). Les choses vont changer puisque Spielberg se colle au genre avec Cheval de guerre, fresque romanesque qui fait le grand écart entre le cinéma de David O. Selznick (Autant en emporte le vent) et celui de Stanley Kubrick (Les Sentiers de la gloire, Barry Lyndon).

Autant le dire immédiatement : dans la foulée de Tintin, l’exercice est particulièrement bien réussi même si le film est à ranger dans la catégorie des Spielberg « avec trop de chantilly » (pour reprendre une expression de mon ami Hamburger Pimp). Les violons pleuvent et les moyens s’étalent sans complexes (les CGI sont bluffants). De même, le film cherche à humaniser son cheval, ce dernier prenant des initiatives parfois ultra-réfléchies. Bref, Cheval de guerre est souvent à la lisière du ridicule et du larmoyant. Mais là n’est pas l’essentiel.

Car le principal exploit de Steven Spielberg sur Cheval de guerre est d’avoir réussi un film de guerre hybride après avoir raté son film de guerre classique (Il faut sauver le soldat Ryan). Le cheval devient ainsi le fil conducteur d’une succession de petites histoires humanistes qui  multiplient les points de vue sur les victimes de la guerre, qu’elles soient britanniques, allemandes ou français, civiles ou militaires. On dirait presque du Jean Renoir. Le récit évite tout manichéisme, soulignant l’aspect d’un conflit mondial mais sans visage, et permet à Spielberg de mettre sa virtuosité à profit, en grande partie sur le long segment de la guerre des tranchées qui constitue le sommet du film.

Si l’on digère la dose de sucre, Cheval de guerre est un film grand public des plus recommandables. Spielberg y démontre une nouvelle fois sa suprématie technique et la nécessité de voir ses films sur grand écran.

 

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».