Critique de Shotgun Stories

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Shotgun Stories

De Jeff Nichols

Avec Michael Shannon, Douglas Ligon et Barlow Jacobs

Etats-Unis – 2007 – 1h32

Rating: ★★★★☆

Son, Boy et Kid sont trois frères qui ont été abandonnés par leur père. Ce dernier, qui a depuis fondé une nouvelle famille, vient de mourir. Lors de l’enterrement, Son vient rappeler sans ménagement le passif houleux du défunt qui est célébré comme un Chrétien modèle. Une guerre ouverte éclate entre les deux familles dans une série de représailles de plus en plus violentes.

Alors que le deuxième long-métrage de Jeff Nichols, Take Shelter, arrive ces jours-ci sur les écrans français, précédé de critiques dithyrambiques, l’éditeur Potemkine sort en vidéo le premier opus du jeune réalisateur-scénariste venu de l’Arkansas. Le Sud des Etats-Unis devient ainsi le cadre de règlements de comptes entre des demi-frères unis par le sang mais divisés par la haine. Par ces deux fratries, c’est deux visions de l’Amérique qui s’affrontent. D’un côté, une Amérique prospère et respectée, fortement ancrée dans les valeurs familiales, de l’autre, l’Amérique des laissés pour compte et des anonymes dont Son, Boy et Kid, les trois enfants privés de prénom, deviennent les porte-drapeaux.

S’il traite de la violence, Shotgun Stories ne préfère qu’en montrer les séquelles, à l’image du dos criblé de balles de Son, interprété par Michael Shannon (que l’on retrouve également dans le rôle principal de Take Shelter). Cette retenue dans l’étalage se retrouve également dans la description des personnages qui se distinguent bien plus par leurs actes que par ce qu’ils ont à dire. Accordant une place particulière au non-dit, Shotgun Stories trace son sillon entre tragédie familiale et néo-western contemplatif, cherchant avant tout à décrire cette Amérique à deux vitesses sans sombrer dans la caricature.

On pense fortement au cinéma de Terrence Malick et de Clint Eastwood – des références que Jeff Nichols soutient aisément en dépit de son âge (29 ans à l’époque) – dans cette manière de faire éclater les conflits humains dans des campagnes paisibles. Beau et simple, Shotgun Stories détourne les codes habituels du film de vengeance pour délivrer la conclusion la plus humaniste qui soit. Tout comme Take Shelter, Shotgun Stories est donc à voir d’urgence.

 

The Vug

 

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».