Critique de Sherlock Holmes 2: Jeu d’ombres

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Sherlock Holmes: A Game of Shadows

de Guy Ritchie

avec Robert Downey Jr, Jude Law, Noomi Rapace

Etats-Unis – 2h07-2011

Rating: ★★★★☆

On prend les mêmes et on recommence !

Et en effet, pour le coup, pas grand chose ne différencie le traitement de ce nouvel opus des aventures du détective le plus connu et reconnu du monde de la fiction, j’ai nommé Sherlock Holmes.

Je retenais du premier film un film très sympathique, assez intime finalement, sans grands changements de lieux, et proposant, à défaut d’une enquête menée avec une grande originalité, un univers et des personnages très attachants. J’ai retrouvé cet univers, ces personnages, cette musique, ces décors, ces costumes, ces relations touchantes et soignées, comme si Ritchie avait mis tout l’amour qu’il avait dans ce film. Mais au niveau des tenants et des aboutissants de l’intrigue, ça a changé du tout au tout.

Je m’explique : Le défaut principal du premier était d’après moi de ne pas toujours réussir à sortir du film d’aventures et nous offrir une enquête digne du héros. Ici, c’est pire encore, dans le sens où le ludisme que l’on trouvait dans le premier, le jeu constant, les devinettes est quasi absent, ce qui pourrait s’avérer fâcheux, si ce n’est que tous les points qui m’ont charmé dans le premier prennent du coup plus d’ampleur, ce qui n’est pas pour me déplaire.

En effet, j’avais compris après ma nouvelle vision du film de 2009 que ce que j’allais voir ne serait pas un film complètement fidèle à Sherlock Holmes et ait basé mes attentes en fonction. Et j’ai bien fait, parce que malgré le fait que ça ressemble plus à un James Bond avec son intrigue classique de conquête du monde, la musique est plus forte, les scènes d’action sont plus longues, plus inventives, l’humour est plus présent et fait quasi toujours mouche, les personnages s’aiment, s’engueulent, se boudent (on voit presque les acteurs morts de rire intérieurement pendant qu’ils parlent).

 

Nouveau personnage d’ailleurs, Moriarty, que vous connaissez tous je pense, dont on entend parler à la fin du premier, ce miroir sombre de Sherlock Holmes, son ennemi juré, son passe temps préféré. Bah, il est plutôt bien joué, bien senti, mais encore une fois, au niveau de l’intrigue, ses ambitions sont trop grandes et ça fait perdre le côté unique de cette relation Holmes/Moriarty.  Noomi Rapace, elle, joue un personnage qui ne sert pas à grand chose, et qui est relativement mal écrit. Les personnages secondaires étaient un tantinet plus soignés dans le premier.

Bon, sinon, je vais vous parler encore une fois de cette univers, ces décors, cette musique, ce tout très bien construit, parce que j’ai pris un immense plaisir à y retourner. Et cette fois, c’est encore mieux, on sort beaucoup de Londres, on voyage, on va à Paris, à Montreuil, en Allemagne, la caméra de Ritchie est savante, innove en permanence, nous offre des prises de vues inédites, très organique (Je fais référence au moment de bravoure du film qui est une séquence de poursuite en forêt, vous devriez aimer…).

La relation Holmes/Watson fait toujours autant plaisir à voir et elle est peut être même plus creusée ici, puisqu’on a le droit à beaucoup de sous entendus sur le couple qu’ils forment, sans jamais tomber dans la lourdeur facile, on les voit se regarder, se parler, ne pas pouvoir se passer l’un de l’autre, et d’un coup, on est touchés.

Pour toutes ces raisons, je ne peux pas mettre moins de quatre étoiles à ce film, bien que conscient de ses défauts. C’est généreux, drôle, enjoué, avec de la bagarre, des gitans, des canons. J’aurais aimé découvrir ce film à 12 ou 13 ans, j’aurais joué au film tout le temps avec les copains et on se serait battu pour voir qui fait qui, puis ça m’aurait donné envie de découvrir les livres, et j’aurais vu que c’était différent mais génial, même mieux, tout en gardant un amour pour ce film d’enfance. Je mourrais dans mon lit à 80 ans en repensant à ces jours.

Bref, ouais, allez le voir, c’est bien.

Skreemer

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About Skreemer

Comme le dirait son bon pote Brassens, « Autrefois, quand j’etais marmot, J’avais la phobie des gros mots, Et si je pensais «merde» tout bas, je ne le disais pas… Mais Aujourd’hui que mon gagne-pain c’est de parler comme un turlupin, Je ne pense plus «merde» pardi ! mais je le dis. » En plus de tout ça, Skreemer a un goût certain pour la bagarre verbale avec les cons, les livres, les films et les bandes dessinées. Ses biscuits préférés sont les Hello Kitty à la fraise et il a toujours du Coca-Light et des clopes chez lui au cas où une demoiselle passerait. Par contre, il fait de longues phrases sans fin, avec plein de virgules dedans et n’aime pas les tomates. De plus, il est petit en taille et compense en utilisant du verlan.