Millenium: Les hommes qui n’aimaient pas les femmes

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The Girl with the Dragon Tattoo


de David Fincher

avec Daniel Craig, Rooney Mara, Robin Wright, Christopher Plummer.

Etats-Unis – 2h38 – 2011

Rating: ★★★★☆

Comme d’habitude quand je vois un film aussi dense et sur lequel il y a tant de choses à dire, je ne sais pas par quel bout commencer à vous parler. Pour couronner le tout, c’est un film de Fincher, c’est à dire un film fait par un type dont j’attends chaque film et qui a signé d’après moi 3 des films les plus importants de la décennie (Zodiac, L’Etrange Histoire de Benjamin Button et enfin, Social Network).

On va commencer simplement et avancer à tâtons, c’est l’heure de vous mettre dans mes pompes, on va voyager dans le temps (pas trop quand même hein).

Quand j’ai appris que parmi tous les projets que Fincher avait, celui qu’il avait choisi de faire était la nouvelle adaptation d’un roman de gare à succès, et du coup, sans forcément le voir comme ça, le remake du téléfilm suédois, j’avais pas pu m’empêcher d’être légèrement déçu. En effet, malgré toute l’admiration que j’ai pour ce réalisateur, ses choix thématiques comme artistiques, je ne voyais pas trop à quoi ça rimait de sortir une nouvelle version alors que le livre comme le film précédent datent d’il y a moins de 7 ans.

Evidemment, ça ne me dérange finalement pas plus que ça, et c’est important de garder l’esprit ouvert sur ce qui est des films de commande, surtout quand au guidon, on a un auteur qui a fait ses preuves auprès du public et de la critique, et surtout, auprès de moi, puisque c’est mes mots que vous lisez. Regardez Spike Lee par exemple qui signe un très bon film avec son Inside Man qui n’était pas du tout une idée à lui, ou encore Scorsese qui remake Infernal Affairs, sous le titre Les Infiltrés et le rend (pour moi) meilleur que l’original…

Bref, on a donc là un film de commande doublé d’une adaptation et d’un quasi remake, je crois que je l’ai assez dit.

Puis après ces à priori, arriva enfin le teaser, et bordel, ça m’a redonné une foi absolue en Fincher. Les images qu’on voit, les plans et comment ils s’enchainent, sans pour autant dire quoi que ce soit sur l’histoire du film, nous vendant une ambiance plutôt qu’une histoire, la musique, reprise de Immigrant Song de Led Zeppelin par Trent Reznor et Atticus Ross, responsables déjà de la géniale B.O. de Social Network, mon pote Daniel Craig, la dégaine de Rooney Mara, la nervosité du tout et la promesse de nous mettre à mal, je peux dire que c’était l’hiver en été et que j’ai été pris d’érections intempestives , faisant du film ma plus grosse attente pour l’année à venir.

Il est l’heure pour moi de confesser que je n’ai pas lu le bouquin, que je n’ai pas vu les films suédois et que ça ne m’intéresse finalement pas plus que ça. Je connaissais deux ou trois trucs sur le bouquin, genre la dégaine de l’héroïne, le fait que ça se passe dans le milieu journalistique et c’est TOUT.

Avec tout ça en tête, j’ai vu le film aujourd’hui, et j’ai été très légèrement déçu…

C’est pas la grosse déception dans le sens où j’ai vraiment sincèrement aimé ce que j’ai vu, beaucoup même, mais que j’ai été assez déstabilisé par une narration que je trouve pas très subtile et assez confuse au début, c’est à dire qu’en gros, on suit en parallèle les deux personnages principaux avant qu’ils ne se rencontrent. Le procédé est justifié dans le sens où ça nous permet de les découvrir en parallèle et une fois qu’ils sont ensemble, de les connaître déjà et entrer dans le vif du sujet, qui est leur relation. De plus, nous avons de très beaux moments et on sent à quel point Fincher comme a son habitude, aime construire ses personnages sans pour autant trop en dire sur eux, fouillant leur esprit avec sa caméra, transcendant le scénario et nous montrant une humanité pudique et paradoxalement criante, hurlante.

A ce niveau, je pense que le personnage de Lisbeth est sûrement ce qu’il a fait de mieux ; tantôt autiste, tantôt énervée, mais au final, hyper sensible, ressentant tout au plus profond d’elle même. C’est fou l’amour qu’il a pour le personnage, et ce qu’il lui fait faire, dire, ce qu’il nous montre. Je n’ose pas et ne veux pas trop vous en dire de peur de gâcher votre plaisir, votre découverte, mais sachez que je n’avais pas vu une telle humanité, une telle puissance dans un personnage depuis longtemps.

Je m’égare, le début donc nous pose le décor, les personnages et les explore sur le fond de la musique de Reznor et Ross qui nous enveloppe souvent dans un voile de pessimisme et de désespoir.

On est en Suède, un pays très bien vu par le monde, un pays qui ressemble à un coloriage d’un enfant de maternelle surdoué, rien ne dépasse. Mais  ses travers, ses tripes, sa maladie vont très vite être disséquées, que ce soit la pédophilie, l’inceste, la mafia, les ex nazis, les méthodes de journalisme, la montée de la religion radicale etc.

A travers les faits divers, on va découvrir la noirceur qui se trouve sous le sol d’un blanc immaculé par la neige, nous offrant ainsi beaucoup de zones de gris. D’ailleurs, le film est très gris,  peu saturé au niveau de l’image, nous donnant une impression de purgatoire perpétuel, avec une réalisation moins nerveuse que ce que j’aurais cru en voyant le teaser.

J’ai utilisé le mot « fait divers », et je vais l’appliquer pour parler, encore une fois des points qui m’ont déçu. En effet, bien que parfait dans la forme (comme je l’ai dit, je me reconnais dans chaque choix de réalisation de Fincher, chaque plan, chaque cadre quasiment,  il a fait mes films préférés et ils sont meilleurs à chaque vision), et nous offrant une série B vraiment classe, très bien faite, très bien jouée, très intelligente dans sa manière de passer du ressenti, je trouve qu’il y a finalement un manque d’ambition dans ce que ça raconte et ça me fait donc revenir au début de cette critique « une (nouvelle) adaptation en valait elle la peine ? ».

En effet, une fois passé donc ce début en parallèle, on entre dans le cœur de l’histoire et finalement, j’aurais préféré que ça s’attarde un peu plus sur la relation des deux personnages principaux.

Bon, je redresse la barre ou vous allez croire que j’ai pas aimé le film et que je sors mes 4 étoiles de mon cul.

Donc ouais, en dehors de ces légers défauts qui j’espère s’estomperont lors d’une prochaine vision, j’ai accroché sur quasiment tout le film, vraiment.

 Comme je le disais donc, je trouve l’écriture et la représentation de Lisbeth absolument fabuleuse. Les autres personnages sont tous très soignés et très bien écrits aussi, parfois même aussi touchants que cette dernière, le personnage campé par Christopher Plummer en tête. Craig est très bon encore une fois (peu importe ce que dira Lullaby sur ses non capacités à jouer la comédie, ne l’écoutez pas !) et nous offre un personnage affrontant la tempête avec le calme. L’enquête et tout le sous texte sur l’intégrité journalistique est très bien foutue.

La réalisation, c’est du 1000000 % Fincher, et on retrouve ici ses thématiques de prédilection,  que ce soit The Game ou Fight Club pour ce qui est de la destruction du col blanc trop ambitieux, Social Network pour le personnage de Lisbeth qui rappelle sur beaucoup de points Zuckerberg  tel qu’il est écrit par Sorkin, Alien 3 et Sigourney Weaver pour le même personnage, ou encore Zodiac pour l’enquête sans fin, la minutie d’un journaliste qui fouille. Evidemment, on peut penser aussi à Se7en dans ce qui est de la nature des crimes etc.

Sinon, vous vous demandez sûrement tous si le film met autant à mal que promis, si c’est vraiment «The Feel Bad Movie of Christmas »,  ce auquel je réponds oui. Il transpire une ambiance très sale, très glauque, et certains évènements sont vraiment choquants, et vus parfois à travers le prisme Humain/Pas Humain de Lisbeth, ils en deviennent d’autant plus  violents.

Enfin voilà, je vais terminer en chantant les louanges du générique de début absolument fantastique et lui rendre justice en illustrant cet article d’une image de ce dernier.

De tout manière, les images du film, vous les verrez dans le film, moins vous en savez, mieux c’est.

Et comme tout ça c’est quand même un peu trop oppressant, je finis ma critique sur des bisous et des câlins.

 Skreemer

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About Skreemer

Comme le dirait son bon pote Brassens, « Autrefois, quand j’etais marmot, J’avais la phobie des gros mots, Et si je pensais «merde» tout bas, je ne le disais pas… Mais Aujourd’hui que mon gagne-pain c’est de parler comme un turlupin, Je ne pense plus «merde» pardi ! mais je le dis. » En plus de tout ça, Skreemer a un goût certain pour la bagarre verbale avec les cons, les livres, les films et les bandes dessinées. Ses biscuits préférés sont les Hello Kitty à la fraise et il a toujours du Coca-Light et des clopes chez lui au cas où une demoiselle passerait. Par contre, il fait de longues phrases sans fin, avec plein de virgules dedans et n’aime pas les tomates. De plus, il est petit en taille et compense en utilisant du verlan.