Critique de Malveillance

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Mientras Duermes

 

De Jaume Balaguero

Avec Luis Tosar, Marta Etura, Alberto San Juan

Espagne – 2011 – 1h42

Rating: ★★★★☆

 

 

César est un concierge dans un immeuble du centre-ville de Barcelone. Toujours souriant et disponible, cet homme discret semble correct sous tous rapports. Mais de l’affection qu’il semble avoir pour une des résidentes de l’immeuble, César n’est peut-être pas celui qu’on croit.

2 ans après REC, Jaume Balaguero se porte plutôt sur un thriller réalisé de façon sobre mais avec un discours toujours aussi violent. Par la monstration d’un quotidien d’habitants d’immeuble, le réalisateur laisse peu à peu s’échapper la déviance et le dérèglement dans la vie des personnages, même celui du protagoniste principal, qui pourtant cause ce dysfonctionnement. On le remarque en premier lieu par l’opposition jour/nuit de l’attitude de César, professionnel bien ce qu’en dise son employeur, allant voir sa mère âgée. Mais la nuit, il semble ronger de l’intérieur, la nuit révèle par sa lumière son vrai visage. C’est un homme qui doit se cacher pour pouvoir s’assumer, transformer la femme à qui il voue une attirance-répulsion en cobaye d’une torture mentale semblable à certains personnages féminins de Roman Polanski (Répulsion et Rosemary’s Baby mais aussi Le Locataire). Les effets disgracieux sont bien ficelés et magnifiquement amenés, des problèmes de peau à l’invasion des cafards.

Néanmoins le metteur en scène ne compare pas son personnage principal à un insecte mais plutôt l’interroge pour questionner l’humanité. On pourrait dire qu’il y a un certain cliché chez les personnages ; en effet la femme mature seule avec ces chiens la femme indépendante vivant seule dans son appartement, ou la fille curieuse faisant du chantage et le bébé dans son berceau ; mais c’est pour mieux interroger la vie de l’humain de tous les jours. Que sachons-nous vraiment de nos voisins, de nos concierges qui sont là presque tous les jours, à qui l’on dit bonjour, ou pas. Que sachons-nous de leur vie, de ces personnes qui possèdent un double de nos clés, un double de notre chez soi. Rassurez-vous, il y a eu très peu de cas, je n’en connais pas à ma connaissance, de concierges mal attentionnés.

En clair, Jaume Balaguero veut parler dans son thriller tendu et psychologique du poids de la solitude des urbains postmodernes. Nous habitons des villes immenses, avec des millions de personnes, mais on se sent terriblement seuls, par conséquent terriblement malheureux. La définition du bonheur est peut-être à réécrire, en attendant le dicton que « le bonheur des uns fait le malheur des autres » ne s’est jamais aussi bien porté, et c’est même en accord avec feu Jean-Paul Sartre, l’enfer c’est l’autre…

 

Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…