Critique de La colline aux coquelicots

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Kokuriko-zaka kara

 

De Goro Miyazaki

Avec les voix de Masami Nagasawa, Junichi Okada, Keiko Takeshita

Japon – 2011 – 1h31

Rating: ★★★★★

Aux environs de la ville de Tokyo en 1964, alors que la ville va bientôt recevoir les Jeux Olympiques, Umi, une jeune lycéenne gère la pension créée par ses grands-parents. Son père, marin, est décédé lors de la guerre de Corée en mer et sa mère, professeur universitaire aux Etats-Unis, lui laissant la charge et le soin de s’occuper de son petit frère et sa petite sœur Sora, avec l’aide de sa grand-mère. D’un jour habituel au lycée, elle se rend compte que le journal de l’établissement a publié un poème parlant d’elle et qu’une lutte se constitue pour préserver un vieil immeuble nommé Quartier Latin…

Comme dans tous les films du studio Ghibli, les personnages principaux sont des enfants ou des adolescents, pour symboliser l’espoir, la candeur, l’insouciance, le goût de l’imaginaire et la bonté, en clair ils sont tous en proie aux tourments et émois possibles, mais pas, pour l’instant, en proie aux multiples et nombreuses perversions. Comme dans tous les films du studio Ghibli, les parents sons souvent absents, laissant place aux grands-parents porteurs de sagesse, mais aussi car les adultes savent que leur progéniture peuvent se débrouiller seuls, cela permet de grandir et de s’affirmer. Comme dans tous les films du studio Ghibli, les décors et l’esthétique ont des airs de peinture impressionniste ou pointilliste, afin de souligner le printemps signe de renouveau. Et enfin dans tous les films du studio Ghibli, il y est raconté une histoire d’amour, proportionnelle aux âges des héros, sans mensonges ni grandes paroles mais de l’implicite et de la métaphore. Le fils Miyazaki, Goro, met en place une pure rencontre cinématographique : un jeune garçon, Shun, saute du toit du lycée dans une fosse, après s’être donné du courage en croisant le regard d’Umi. De là, un contact tactile, une discussion anodine (un autographe pour sa sœur Sora) et ce sont deux univers qui se rencontrent.

En effet, la rencontre est solidifiée par ce vieil immeuble poussiéreux qu’est Quartier Latin, accueillant tous les clubs culturels du lycée. Il devient la pierre angulaire des deux amoureux, ainsi que l’expression de la jeunesse à la démence de vivre. La preuve en est plus tard lors de la séquence de débat pour ou contre la destruction de l’immeuble, on ne comprend rien au débat, tout le monde parle ou crie en même temps ce qui fait que les temps de parole ne sont pas respectés et provoque des conflits entre les deux camps, cela ira même jusqu’à la mêlée de rugby. On se croirait dans les universités parisiennes d’il y a quelque temps, le temps de la lutte (en même temps un immeuble s’appelant Quartier Latin, si ce n’est pas un clin d’œil à la vie étudiante parisienne…). Et de plus, cette jeunesse, arrivant vingt ans après la Seconde Guerre mondiale, où leurs parents venaient de naître ou étaient de jeunes enfants, doit faire face à la question du souvenir et de la mémoire. En point de mire, les origines de Shun qui n’a jamais connu ses parents, Umi qui effectue chaque matin le deuil de son père, hisser des drapeaux marins et verser un verre d’eau devant la photographie de son père, d’ailleurs les photographies sont marques de souvenir moderne pour cette jeune génération et celles de leurs parents. D’où peut-être la phrase importante du délégué des lycéens aux deux amoureux, suite à un repas d’au revoir d’une pensionnaire d’Umi et aux pourparlers du Président du Conseil du lycée : « Les adultes peuvent être des gens bien ». L’auteur en profite pour parler des effets de la modernité qui peuvent écraser les traditions, donc il en résulte toujours une difficulté de combiner les deux.

Goro Miyazaki, avec ce second long-métrage, se rapproche du père mais surtout perpétue lui aussi sa propre tradition : celle du studio Ghibli.

 

Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…