Critique de J. Edgar

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J. Edgar

 

De Clint Eastwood

Avec Leonardo DiCaprio, Naomi Watts, Arnie Hammer, Judi Dench

Etats-Unis – 2011 – 2h15

 

Rating: ★★★★☆

 

 

À l’élection récente de John Fitzgerald Kennedy et du futur prix Nobel décerné à Martin Luther King Jr, John Edgar Hoover se remémore sa vie, qu’il veut mettre sur papier. Pour cela, il fait appel à différents jeunes recrues du Federal Bureau Investigation, organisation et institution gouvernementale étatique rattaché au Ministère de la Justice, qu’il a lui-même créé 40 ans auparavant.

Passons les 45 premières minutes qui me semblent, pour ma part floues et mal narrées et intéressons-nous à l’incarnation de ce personnage contesté, et officieusement lié à l’histoire américaine du vingtième siècle. J. Edgar, porté par Leonardo DiCaprio, suffisamment mûr pour vêtir le costume, après l’essai raté d’Aviator de Martin Scorsese, révèle un personnage complexe et complexé. Cela ne se comprend qu’après les premières 45 minutes, car Eastwood laisse libre cours à son personnage, emprunt aux différents angoisses, pathologies et autres tourments. D’un homme trop proche de sa mère et n’ayant aucun lien avec son père, tel le personnage joué par Anthony Perkins dans Psychose d’Alfred Hithcock, à l’élocution bégayante dès qu’il se sent mal à l’aise, le personnage semble vouloir être à la fois dans l’ombre et dans la lumière. Des idées novatrices (la police scientifique c’est son concept), aux actions illégales (les écoutes à tout va), on croît tour à tour au héros désintéressé et au chef tyran voulant être admiré, plutôt qu’être aimé.

Pour jauger cette dualité de son personnage principal, entre entêtement et bavardise d’un côté ou lâche et hautain de l’autre, le réalisateur américain stakhanoviste met en place un triangle sentimental. Les deux autres pôles sont sa secrétaire Miss Helen Gandy et son bras droit Clyde Tolson (les jumeaux Winkevloss dans Social Network, c’est lui), le basculement de l’hétérosexualité à l’homogénéité. Clint Eastwood, en réalisateur de studios, n’oublie jamais l’importance de la romance. Dans ce film, elle se remarque par la fidélité envers les personnages, mais sans tendresse et avec de la violence (le combat filmé à bout portant entre Clyde et J. Edgar). Tous unis d’une lutte contre un ennemi invisible. Car si au départ de la vocation de J. Edgar est d’empêcher la diffusion du communisme aux Etats-Unis, la suite montre que c’est une lutte face à lui-même et à son entourage, sa mère n’acceptant pas son homosexualité, Clyde n’acceptant pas qu’il nie son homosexualité et Helen qui est toujours là pour lui, à effectuer n’importe quel ordre si injuste ou stupide qu’il soit. Car de cette histoire de la vie d’un américain sortant du commun, c’est l’histoire des Etats-Unis paranoïaques et pratiquant la défense agressive que l’on voit, dont l’usure du temps les pousse à changer et à vouloir du changement, alors ce n’est pas un hasard si le film débute à la fin des sixties pour ensuite retourner en arrière.

Clint Eastwood, qui n’est pas tout jeune non plus, pratique d’ailleurs depuis Million Dollar Baby, un travail sur sa vie passée, personnelle et professionnelle. Il veut qu’on le retienne pour autre chose que le cowboy taciturne ou L’inspecteur Harry défendant la veuve et l’orphelin, l’exemple le plus probant étant Gran Torino. Il réfléchit par conséquent à nouveau sur la mort et la postérité qui peut suivre ou pas. Alors que nous avions fait récemment un dossier sur la politique au cinéma, je dirais que malheureusement le film n’apporte rien au genre, tellement il est classique et flou sur le discours (y-a-t-il ou non un jugement sur J. Edgar Hoover ?). Mais nous pouvons approuver le questionnement sur le fait et la manière d’un homme créant son propre destin même s’il se retrouve prisonnier des maux véritables devenues chimère avec le temps et l’histoire.

 

Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…