Critique de Hostel – Chapitre III

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Rating: 1.0/5 (1 vote cast)

Hostel – Chapitre III

De Scott Spiegel

Avec Thomas Kretschmann, John Hensley, Sarah Habel

Etats-Unis – 2011 – 1h28

Rating: ☆☆☆☆☆

Propulsée sur les écrans en 2005 par Eli Roth (qui n‘a eu aucune implication sur ce troisième film), la franchise Hostel annonçait clairement ses ambitions sommaires: proposer du charcutage en bonne et due forme. Si les deux premiers volets n‘étaient pas des réussites totales, la vision de Roth restait intéressante et il semblait étrange qu‘aucune suite n‘ait encore fait son apparition. C’est maintenant chose faite avec ce troisième opus, réalisé par Scott Spiegel (déjà producteur sur les deux premiers), et dont le simple souvenir du pathétique Une nuit en enfer 2 suffit à rappeler ses talents de metteur en scène.

Quand on émet un regard critique sur ce genre de production, on se pose toujours la question de savoir comment les scénaristes ont pu se complairent à ce point dans une telle médiocrité. S’agit-il du fait qu’il s’agisse d’un DTV opportuniste? Sûrement, mais aussi avant tout parce que la franchise Hostel s’est faite un nom, et que pour continuer à en soutirer facilement de l’argent il est nécessaire d’agir rapidement. Avec Hostel – chapitre III, on a donc le droit à la démonstration parfaite du film torché par-dessus l’épaule, sans aucune autre ambition que de remplir les bacs à DVD.

Pour en revenir au film lui-même, on notera l’idiotie de déplacer l’action à Las Vegas. Ainsi, la première partie du film ressemble surtout à une mauvaise parodie de Very Bad Trip assortie de personnages à la psychologie frôlant le néant, avec une mention spéciale à Skyler Stone qui incarne ici un blondinet aussi insupportable qu’un gamin de sept ans dans un magasin de jouets. Délaissant donc l’aspect glauque des pays de l’Est pour ne s’attarder finalement que très peu sur la ville de Las Vegas mais simplement sur une ruelle sombre servant d‘unique cadre extérieur. Difficile de créer l’illusion et le métrage semble tout faire pour traduire à l’écran son manque de budget. Il est probable que si un tel nanar n’avait pas l’étiquette de la franchise comme faire-valoir, il aurait simplement été noyé dans la foule de films périssables qui sortent chaque année en vidéo de manière bien plus discrète. Les amateurs du genre, qui s’attendent à une pellicule bien cradingue où l’hémoglobine coule à flot, risquent eux aussi d’être déçus tant le film s‘avère avare en scènes chocs, la majorité d’entre elles étant soient filmées en hors-champs, soient sujettes à un manque total d’inventivité.

Tentant de manière chaotique de ne pas endormir le spectateur, le métrage accumule les rebondissements stupides et sombre dans le pathétique de par l’absurdité de ses personnages (comme ce pauvre type capturé en début de film, qui passe les trois-quarts de son temps d’apparition dans une cage, à gueuler qu’il va tous les tuer). Le seul véritable lien entre ce volet et les précédents reste l‘agence Elite Hunting, sauf  que ici cette dernière est davantage représentée comme un repère de neuneus que comme une véritable organisation criminelle sensée faire frissonner. Difficile étant donné l’absence totale de charisme des tenanciers, notamment le bras droit de l’organisation à la coiffure qui ferait pâlir le Lorenzo Lamas de la grande époque. Que dire donc de positif sur ce troisième chapitre? Sincèrement, rien, si ce n’est peut-être la manière involontaire dont il se transforme en petit nanar pouvant égayer une soirée entre potes ou son final tellement crétin qu’il en deviendrait fendart, et encore …

Si la jaquette annonçait déjà la couleur, le film ne vient que confirmer le simple intérêt pécuniaire pour lequel ce troisième opus a été tourné. A l’heure où le site Megaupload vient de se voir fermer, on se dit qu’il restait certainement l’un des meilleurs moyens d’acquérir ce navet sans avoir le sentiment de s’être fait avoir lors du passage en caisse. Quitte à être pris pour con, autant l’être en évitant de lâcher quelques billets.

Nico Darko

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About Nico Darko

Depuis sa rencontre nocturne avec un lapin géant lui prédisant la fin du monde s’il ne lui filait pas son portefeuille, Nico Darko a décidé qu’il était temps pour lui de se calmer sur une certaine boisson à base de malt et de houblon. Désormais, il se consacre à sa nouvelle passion pour les emballages alimentaires de marque péruvienne, mais il lui arrive aussi de vaquer à des occupations bien plus banales comme participer à des tournois de bowling avec son coéquipier Jeff Lebowski ou discuter littérature avec son ami Jack Torrance (dont il n’a d’ailleurs pas eu de nouvelles depuis l’hiver dernier).