Double critique de Barbe Bleue et Le Masque

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Bluebeard
D’Edgar G. Ulmer
Avec John Carradine, Jean Parker et Nils Asther
Etats-Unis – 1944 – 1h12
Rating: ★★★★☆

The Bat
De Crane Wilbur
Avec Vincent Price, Agnes Moorehead et Gavin Gordon
Etats-Unis – 1959 – 1h20
Rating: ★★★☆☆

Wild Side Video réédite pas moins de six films dans sa collection Vintage Classics dédié aux films oubliés du cinéma américain. Intéressons nous à deux d’entre eux, Barbe Bleue et Le Masque qui, tous d’eux, oscillent entre thriller et horreur.

Signé Edgar G. Ulmer (1904-1972), réalisateur talentueux de séries B ultra-fauchée (toujours en attente de réhabilitation dans les livres d’Histoire du cinéma bien que Scorsese en ait dit le plus grand bien dans son indispensable Voyage à travers le cinéma américain), Barbe Bleue n’est pas une relecture du conte sanguinolent de Charles Perrault. Prenant pour décor le Paris du XIXe siècle, le film s’inscrit dans le courant du Costume Horror, ce genre qui dominera l’ensemble du genre horrifique jusqu’au début des années 60 et qui privilégie l’ambiance gothique dans une époque passée. Barbe Bleue est le surnom d’un tueur en série qui étrangle de jeunes demoiselles avant de jeter leur dépouille dans la Seine. Derrière le monstre se cache un marionnettiste désargenté dont la vraie passion, la peinture, s’accompagne de la mise à mort systématique de ces modèles, provoquant ainsi une sorte de hype morbide sur le marché de l’Art. Interprété par John Carradine (père de David, Robert et Keith), l’artiste maudit devient l’écho d’Edgar G. Ulmer et on ne s’étonnera donc guère que le réalisateur d’origine austro-hongroise, ancien assistant de Murnau, voit dans ce Barbe Bleue expressionniste l’une de ses œuvres les plus personnelles. Si la copie exhumée par Wild Side a pris cher, cette réédition reste un parfait complément pour ceux qui ont acquis le copieux coffret Ulmer édité à prix d’or par Bach Films il y a quelques mois.

Plus anecdotique, Le Masque, traduction hasardeuse de The Bat (donnant lieu à de dommageables contresens dans le sous-titrage), permet de retrouver Vincent Price, l’un des plus grands acteurs du cinéma d’horreur de tous les temps, dans une nouvelle adaptation d’un roman à succès datant de 1908. Une auteure de romans policiers, façon Agatha Christie, loue une vaste demeure dans laquelle se sont déroulés des crimes perpétrés par un mystérieux vilain répondant au nom de The Bat (on va vous la faire en VO, ça sera plus simple, d’autant plus qu’il n’y a aucune VF – c’est vous dire s’ils sont bien obscurs les films de Vintage Classics). La présence d’un magot caché excite l’imagination des notables les plus crapuleux de la région, mais c’est sans compter la réapparition de The Bat (dont le look serait un mix avant l’heure entre Rorschach des Watchmen et Freddy Krueger) qui va semer les cadavres sur son passage. Avec sa facture très télévisuelle, totalement éloigné des révolutions du genre initiées par Roger Corman et Terence Fischer à la même époque, Le Masque annonce les méchants des dessins animés Scooby-Doo, le but étant de démasquer le grand vilain de l’histoire (et non, ce n’est pas Vincent Price). C’est très moyen, mais heureusement, le film reste volontairement drôle, à la manière des murder stories dont il s’inspire. C’est déjà ça de pris.

The Vug

 

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».