Critique de Tucker & Dale fightent le mal

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Tucker and Dale vs Evil

D’Eli Craig

Avec Tyler Labine, Alan Tudyk, Katrina Bowden et Jesse Moss

Etats-Unis/Canada – 2010 – 1h28

Sortie prévue le 1er février 2012

Rating: ★★★★★

Tucker et Dale sont deux rednecks inséparables qui profitent de leurs vacances pour retaper une vieille cabane perdue en pleine forêt. Sur la route, ils rencontrent une bande d’étudiants partis faire la fête. De malencontreux hasards en accidents involontaires, les deux amis vont passer pour de dangereux psychopathes aux yeux des jeunes citadins qui, de leur côté, sont bien décidés à attaquer les premiers pour survivre. L’amour naissant entre Dale le plouc et la jolie Allison évitera-t-il le bain de sang ?

Comme Shaun of the Dead dont il serait le digne successeur, Tucker & Dale fightent le mal amène la comédie romantique sur les terres codifiées d’un genre-phare du cinéma d’horreur. Après les zombies, place donc aux rednecks, ces affreux jojos des campagnes qui, du séminal Délivrance aux classiques comme Massacre à la tronçonneuse ou The Devil’s Reject, démembrent les malheureux touristes qui viennent se perdre dans les coins paumés des Etats-Unis. Reprenant les motifs habituels du genre (pick-up pourri, tronçonneuse, musique country, etc.), Tucker & Dale fightent le mal inverse les rôles en présentant les rednecks comme des gens simples, victimes de leur réputation. L’horreur et le gore s’installe ainsi suite aux préjugés obsessionnels d’une bande d’ados proprets et crétins, les mêmes que ceux qui se font généralement décimer dans les films du genre. Sauf qu’ici, c’est leur propre connerie qui fait des ravages.

La première grande qualité de ce Tucker & Dale est d’être foncièrement drôle. Le scénario, écrit par le réalisateur Eli Craig et son producteur Morgan Jurgenson, est d’une précision redoutable, jonglant avec le comique de situation et le gore sans trop s’attarder sur l’humour potache. La seconde réside dans les interprétations solides de Alan Tudyk et surtout de Tyler Labine (le collègue de labo de James Franco dans La Planète des Singes : Les Origines) qui font de Tucker et Dale des rednecks aussi drôles qu’attachants, loin des caricatures habituelles puisque le film se veut comme une invitation à aller au-delà des apparences.

Justifiant tout le buzz qui l’entoure depuis sa tournée des festivals, Tucker & Dale fightent le mal honore ses promesses d’entertainment geek et on ne risque pas grand-chose en affirmant que l’on tient là l’un des films cultes de l’année à venir. Avec The Woman et A Lonely Place to Die, 2012 s’annonce donc sous les meilleures hospices.

 

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».