Critique de The Chaser

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Chugyeogja

 

De Na Hong-jin

Avec Kim Yun-seok, Ha Jung-woo, Seo Young-hee

Corée du Sud – 2008 – 2h03

Rating: ★★★★★

 

À l’approche de du top cinéma 2011, en fin d’année, et des divers discussions sur J’ai rencontré le diable, Celluloïdz s’attelle enfin au premier film de Hong-jin Na, auteur du remarquable The Murderer. C’est l’histoire d’un maquereau sous tension, Joong-ho, qui doit gérer la disparition de deux ces filles. Il se rend compte qu’elles ont eu un client en commun, le même qui a demandé à avoir Mi-jin (l’actrice de Blood Islande/Bedevilled) pour la soirée. De là son instinct d’ancien flic le pousse à la rencontre de ce mystérieux homme…

Après Old Boy et avant J’ai rencontré le diable, le premier long-métrage de Na Hong-jin s’inspire d’un fait réel, un serial killer s’en prenant aux femmes, ce qui donne une ambiance radicale et particulière au film. C’est glauque, réaliste, violent, tantôt nocturne tantôt solaire et nerveux, et on pourtant on se retrouve à rire jaune, seraient-ce les ingrédients d’un film noir postmoderne ? Ou tout simplement le style de la maison sud-coréenne (il y a des passages drôles dans J’ai rencontré le diable). Point de femme fatale mais un parfait antihéros, axé sur les clopes et les voitures et véritable épicier du plaisir, à s’intéresser plus à l’argent qu’à l’humain. Il en est de même de la police, aux allures de fainéants ou d’incapables, vraiment foireuse. À croire les propos de Zelig, jamais la police sud-coréenne ne retrouve un tueur au cinéma. C’est au-delà de la satire ou de la critique, c’est un vrai brulot sur pellicule. Quant à l’adversaire, il exprime à la fois parfaitement le mystère et la froideur du meurtrier, il ne s’nervera qu’une fois dans le film.

Pourtant, on trouve un sidekick (assistant) au protagoniste, une petite fille (fatale), celle de la victime actuelle. Elle accompagnera Joong-ho dans cette enquête, en image de course contre la nuit et la pluie face à un soleil pouvant être mortuaire. Car les éléments de l’eau et de la terre, éléments proprement cinématographiquement asiatiques, expriment la déraison et la folie, celle de la ville de Seoul, ville-monde foutraque et libidineuse tout en étant tendu. De plus, la ville se montre aussi en un labyrinthe à relief, entre marché de nuit au lancer de merde, petites rues en montée et toiles mortifères.

Si le cinéma de genre sud-coréen est le meilleur cinéma de genre du monde, une question importante à ce jour et marque de division au sein même de Celluloïdz, ce cinéma s’attelle surtout à montrer, démontrer et révéler le pire de l’humain, toujours en étant soucieux de le confronter aux figures religieuses (une Eglise dans un quartier crade). Et je persiste confirme et signe, J’ai rencontré le diable reste le meilleur film dans ce délire.

 

Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…