Critique Le Voleur de Bagdad

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The Thief of Bagdad

de Michael Powell, Ludwig Berger et  Tim Whelan ( et Alexander Korda, Zoltan Korda et William Cameron Menzies non crédités)

avec Conrad Veidt, Sabu, John Justin et June Duprez

Grande Bretagne – 1h45 – 1940

Rating: ★★★★★

 

Sur le marché de Bagdad, un jeune aveugle et son chien demande l’aumône. Interrogé sur sa condition par les passants puis par les favorites du sultan, le jeune homme raconte l’histoire incroyable qui l’a conduit à la cécité, celui de son amour perdu qu’il recherche inlassablement.

Avec trois réalisateurs crédités et trois autres non crédités au générique,on peut dire que Le Voleur de Bagdad  est un sacré travail d’équipe. Remake du film de Raoul Walsh de 1924, cette version 1940 frappe tout d’abord par ses somptueux décors, majoritairement tourné en studio, ainsi que par sa maîtrise de la couleur. Exploitant les contrastes de bleu, de blanc et de rouge, successivement utilisés pour le ciel ou  les bâtiments, le film nous plonge dès la scène d’intro dans un monde propice aux contes et légendes orientaux. Et c’est précisément ce qu’est Le Voleur de Bagdad.

Puisant ses références dans Les Contes des Milles et Une Nuits, le scenario recoupe plusieurs d’entre eux, livrant au final un récit d’aventure dense et rocambolesque, sans jamais baisser de régime dans le rythme de narration, d’une intemporalité telle qu’il influença très fortement le Aladin de Disney, qui ne se gèna pas pour reprendre carrément les personnages principaux, dans leur aspect physique comme dans leur traits de caractères (le Sultan, Jaffar, la princesse et dans un sens, Ahmad), à la différence près que Le Voleur de Bagdad est bien plus écrit et possède bien plus d’action que la version animée signée Mickey.

Porté par un casting surprenant, avec notamment la présence de Conrad Veidt, le Cesar de Caligari , ou  Sabu, que Powell retrouvera dans Le Narcisse Noir, reprenant les grands thèmes chers au cinéma de l’époque (la bravoure, l’amour éternel, l’amitié loyale), Le Voleur de Bagdad  n’en demeure pas daté pour autant. Les effets spéciaux restent efficaces et inventifs, même 70 ans plus tard (c’est dire leur modernité à l’époque), ancrant davantage le fantastique dans la narration, appuyant plus encore l’aspect merveilleux du conte.  Djinn, Pégase,  Grand Vizir sorcier, automates, déeeses hindous, araignée géante, le film s’approprie une mythologie bien plus large que celle des Milles et Une Nuits, l’enrichissant de diverses influences propre au fabuleux, donnant ainsi naissance à un conte bien moins classique qu’il n’y paraît.

Somptueusement mis en scène, se reposant sur un scenario dense en revirements de situation et riche en références, appuyé par des effets spéciaux d’une modernité hallucinante pour l’époque, Le Voleur de Bagdad n’a pas vraiment pris une ride et demeure un des plus beaux films d’aventures de son époque. Son influence a traversé les époques, de Ray Harryhausen à Spielberg, de  Disney à Prince of Persia,  et reste encore vivace.  Un chef d’oeuvre à découvrir sur grand écran cette semaine, grâce à l’initiative de Carlotta,  à faire découvrir aux générations futures, bref, un de ses bijoux intemporels à transmettre comme un héritage précieux.

 Lullaby Firefly

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.