Critique de Kidnappés

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Secuestrados

De Miguel Ángel Vivas

Avec Fernando Cayo, Manuela Vellés et Ana Wagener

Espagne/France – 2010 – 1h22

Rating: ★☆☆☆☆

Venant à peine de s’installer dans leur nouvelle maison, les membres d’une famille aisée voient arriver trois cambrioleurs cagoulés. Tandis que le père, accompagné d’un ravisseur, part vider toutes ses cartes bancaires dans des distributeurs automatiques, la mère et la fille restent sur place, retenues par les deux autres criminels dont un pervers sous l’emprise de la cocaïne. Tout cela finira très mal.

Home invasion d’origine espagnole, Secuestrados (malheureusement traduit comme Kidnappés, ce qui n’a strictement aucun rapport avec l’histoire mais bon, passons) s’ouvre avec une séquence qui prendrait des airs de flashforward si l’on ne restait pas attentif durant les dix premières minutes. Nous suivons ensuite la famille de bourges qui sera au cœur de tous les tourments mais qui ne suscite aucune empathie (trop riche). La fille veut sortir avec son petit copain, la mère souhaite plutôt passer une soirée en famille et le père, quant à lui, s’en fout. Pas trop le temps de faire connaissance avec eux puisqu’ils deviennent rapidement victimes dès l’irruption des cambrioleurs albanais (parce que, c’est bien connu, de Captifs à A Serbian Film, les barbares viennent tous d’Europe de l’Est). Eux aussi sont stéréotypés : le froid, le taré et le compatissant. Mais comme ils portent des cagoules la plupart du temps, ils en deviennent aussi schématiques que leurs proies.

Composé essentiellement de plans-séquences ponctués de deux split-screens, Secuestrados ressemble à un Funny Games mou qui aurait été réalisé par Gaspar Noé. Donc, sur la forme, le film est techniquement parfait, mais sur le fond, c’est le vide complet, le haut des hurlevents. Aucune réflexion sur la violence, la bourgeoisie ou même l’Europe. C’est quoi l’intérêt alors ? Si c’est pour choquer, c’est rapé puisque le film y va avec le dos de la cuillère. Rien ne fait mal à la rétine, ni les rares effets gore, ni même le viol de la fille. Côté suspense, c’est pareil. Ángel Vivas passe littéralement à côté de toutes les scènes qui auraient pu générer un tant soit peu de tension (les retraits au distributeur, les types inquiets qui viennent sonner à la porte). Ne parlons même pas des split-screens qui n’ont aucune justification.

Trop prévisible, trop convenu, Secuestrados laisse avant tout la vedette à la caméra puisque les acteurs n’ont rien à se mettre sous la dent. Bref, un film de techniciens complètement vain qui n’a pour finalité que de rajouter une ligne supplémentaire sur le CV de ses participants.

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».