Critique de Carnage

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Carnage

 

De Roman Polanski

Avec Jodie Foster, John C. Reilly, Kate Winslet, Christoph Waltz

France, Allemagne, Pologne – 2011 – 1h20

Rating: ★★★★☆

 

Dans un jardin public, suite à une dispute, un enfant de 11 ans en blesse un autre avec un bâton. Les parents de l’enfant blessé, Michael et Penelope Longstreet, décident d’organiser chez eux une rencontre avec les parents de l’enfant auteur de l’acte violent, Alan et Nancy Cowan, pour s’expliquer…

Le rappeur français Rocé, clamait sur son album L’être humain et le réverbère, « qu’il n’y a pas plus adulte que les jeux d’enfants » dans sa chanson Jeux d’enfants. Et la violence en point de départ en est un exemple. Ce genre d’incident peut arriver tous les jours dans les cours de récré, mais de cet acte presque anodin, à une discussion entre deux couples adultes moins anodine, le réalisateur Roman Polanski va nous parler du monde occidental, et ceci à travers quatre figures. Il y a d’abord la femme militante de gauche et voulant prouver sa conscience du monde et son amour de l’art (Penelope Longstreet jouée par Jodie Foster) ; le mari sympa et bienheureux, d’ailleurs ne dit-on pas bienheureux les sans-esprits et heureux ceux qui en ont ? (Michael Longstreet joué par John C. Reilly) ; le bourreau de travail je m’en-foutiste de mes enfants (Alan Cowan joué par Christoph Waltz) et la femme propre sous tous rapports cachant une hystérie nerveuse (Nancy Cowan jouée par la glamour Kate Winslet qui n’hésite pas à se faire filmer en train de vomir). De ce postulat de comédie sociale, au sens sartrien (comprenez l’hypocrisie), on dérive peu à peu à un règlement de compte où la parole va se révéler bien pire que l’acte de départ. La finesse est d’entrecouper de moments chaleureux et de communion entre les personnages, même si ça marche surtout par paires, les femmes avec l’art ou les hommes avec le whisky et le cigare.

Pourtant la question tout au long du film réside dans la désignation du vrai coupable ? Qui est le vrai coupable ? L’enfant ou ses parents ? Tout le monde s’est déjà retrouver dans cette situation à juger quelqu’un dès le premier contact voire les premières minutes. Chacun a aussi été témoin extérieur et anonyme au moins une fois dans sa vie d’une relation parents-enfants. « Ne juge pas et tu ne seras pas jugé » dit la Bible (du moins je crois), que nenni, le personnage d’Alan l’assume et le dit pour tous les personnages : « je crois au Dieu du carnage ». Ou sinon, plus terre à terre, vous avez déjà été spectateur des émissions « On a échangé nos mamans », « Super Nanny » ou « Pascal le grand frère », vous vous rappelez ? Ces émission auraient pu s’appeler « Je suis un mauvais parent qui s’assume, tellement que j’accepte de le démontrer à la télévision, car c’est cool de passer à la télévision ». Oui, ce genre d’émission au même titre que ces nouveaux collectifs contre la punition corporelle (qu’on m’explique en quoi une fessée donnée à un enfant qui a fait une grosse bêtise relève de la maltraitance) ou au regain des mères au foyer ou ultra-protectrices qui sont dans le collimateur de la satire du film. Et de là, la problématique s’accentue sur la famille comme possible première source du trouble humain. Nos parents nous étouffent ou nous délaissent. Et de là, les mécanismes occidentaux, que dis-je les mécanismes universels, sont dénoncés : les femmes prennent la chose plus à cœur (une étude américaine récente a démontré que les femmes montraient plus d’empathie que les hommes), tandis que les hommes balaient ce genre d’évènement car ils sont passé à autre chose ou ont autre chose en tête (hamster, téléphone portable…).

Au final, les deux couples sont coupables, coupables d’être des parents humains. Quand aux enfants, ils sont déjà passé à autre chose et se sont déjà réconciliés, bien plus vite qu’on ne le pense. Encore du crédit pour le personnage d’Alan Cowan: « Pour que la loi se substitue à la violence, il faut de l’éducation et de l’apprentissage ». Je terminerais en criant ma rage et mon dégoût suite au déroulement d’une affaire récente américaine, celle de Christian Fernandez, garçon de 12 ans accusé de meurtre de son frère de 2 ans. D’une projection provoquant un coma et une hémorragie interne, Christian Fernandez s’est vu proposer deux choix par le procureur : plaidé coupable avec une peine de prison de 9 ans ou plaider non–coupable et risquer la prison à perpétuité. Un enfant de 12 ans condamné à perpétuité ? Tout en sachant que sa mère n’en a que 24 (faîtes le calcul pour savoir à quel âge elle a eu) et que son beau-père qui le battait s’est suicidé devant ses yeux. Les États-Unis ont besoin de se protéger d’un enfant de 12 ans ? Alors, lecteurs, pensez-vous comme Rocé, « qu’il n’y a pas plus adulte que les jeux d’enfants » ? Pensez à écouter la chanson à l’occasion.

 

Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…