Nos 30 trésors cachés des années 2000

 
 
 
 

Ah, les trésors cachés…vous vous demandez de quoi on veut vous parler, hein ?

C’est simple, en gros, durant la décennie passée, un nombre incalculable de films sont sortis. Sur ces films, certains retiendront à jamais l’attention du public et/ou de la critique, mais certains sont passés entre les mailles du filet. C’est soit des films qui sont sortis directement en vidéo, soit ils n’ont pas eu assez de salles ou de couverture médiatique, soit, plus rarement certes, des films à gros budget qui n’ont tout simplement pas trouvé le public à cause d’un souci de marketing ou encore de sortie à la mauvaise date.

Mais sachez que d’après nous, chacun des films cités ici nous ont marqué, profondément ou pas, et méritent que l’on revienne dessus en laissant libre cours à la plume et à l’expérience cinématographique de chacun de nos auteurs.

Place maintenant à la malle aux trésors :

 

AMER D’Hélène Cattet et Bruno Forzani (France-Belgique/2009)

Hommage au giallo, Amer est un triptyque, où, à trois moments clef de sa vie, Anna est confrontée à ses peurs, ses premiers désirs et ses pulsions charnelles. Sans le moindre dialogue, ce premier long métrage d’Hélène Cattet et Bruno Forzani, est une expérience sensorielle fascinante. Tiraillé entre Dario Argento et Ingmar Bergman, Amer est un voyage psychédélique particulièrement jouissif ! (Zelig)

 
 

ANTIBODIES De Christian Alvart (Allemagne/2005)

Un agent de police d’une petite ville demande à aller interroger un dangereux meurtrier qui vient d’être arrêté. Faisant irrémédiablement penser au Silence des Agneaux de Jonathan Demme dont la comparaison est immédiate, Antibodies n’en demeure pas moins un thriller psychologique intéressant, se démarquant de la majorité des autres productions allemandes. Dommage que Christian Alvart n’ait pas fait preuve du même talent par la suite en réalisant les très moyens Pandorum et Le Cas 39. (Nico Darko)

 
 

BRICK De Rian Johnson (Etats-Unis/2005)

Petit film inde produit par Focus Features, j’ai découvert Brick non au cinéma, car il est sorti ici en sortie très limitée, mais par mes propres moyens et sur le tard il y a deux ans à peine. J’ai été soufflé, vraiment. En fait, ça se passe dans un lycée américain avec tout ce qu’on peut trouver de stéréotypes, mais cet univers teenager rencontre la noirceur des romans de Dashiell Hammett et Raymond Chandler. En gros, c’est un vrai film noir, empruntant tous les mécanismes de ce genre, de la voix off aux enquêtes tortueuse à parfois des références à d’autres œuvres. Et putain, que ce soit comme exercice de style ou comme film, je trouve ça absolument réussi de bout en bout, le tout servi par un casting au poil, Joseph Gordon-Levitt en tête. Un bijou. (Skreemer)

 

CASSHERN De Kazuaki Kiriya (Japon/2004)

En 1999, Georges Lucas avait plus ou moins adroitement ouvert les portes du blue screen intégral sans vraiment en saisir tout le potentiel. En 2004, Capitaine Sky et le monde de demain faisait un petit pas supplémentaire. La même année sortait au Japon l’adaptation live d’un manga des seventies, premier long d’un réalisateur de clips musicaux. Les dialogues sont pompeux, le scénario un passable pot pourri des classiques du manga SF (société orwellienne, mutants-robots-zombies) mais les scènes d’action sont magistralement orchestrées, calées à l’image près sur la bande son tendue, dans un déluge de mouvements, de couleurs et de contrastes alors révolutionnaire. Avant Speedracer, Scott Pilgrim et surtout Sucker Punch qui ne peut nier son ascendance, Casshern montrait que le numérique permet à qui sait le manier d’exprimer une créativité visuelle sans limite. Et ce n’est pas Steven Spielberg qui me contredira. (Tom)

 

LE CONVOYEUR De Nicolas Boukhrief (France/2004)

Polar réunissant Dupontel, Dujardin et Berléand, ce film a tout pour être culte. Une ambiance tendue et sombre, à la limite de la réalité, le metteur en scène filme une communauté suspicieuse et malaisante : ils travaillent au sein d’une société de transport de fonds. Albert Dupontel propose un jeu très mutique, de même que Jean Dujardin (oui oui), car chaque membre de l’équipe semble être un inadapté de la vie sociale avec une histoire en point de départ de leur mal-être. Ou sommes-nous dans une critique sociale… (Hamburger Pimp)

 

ELECTROMA

De Thomas Bangalter et Guy-Manuel De Homem-Christo (France-Etats-Unis/2006)

Human After All… Deux robots descendent en ville pour se faire poser des visages humains mais ceux-ci ne tiennent pas. Ils partent alors s’autodétruire dans le désert. Tel est le pitch minimaliste de ce film contemplatif et sans parole réalisé par le groupe Daft Punk qui suit les pas cinématographique de leur confrère Quentin Dupieux/Mr. Oizo. Doté d’une bande-son planante à souhait et regorgeant elle-même de trésors cachés (International Feel de Todd Rundgren, un vrai bonheur), Electroma incarne par son esthétisme et son concept une tentative réussie de représentation du prog-rock au cinéma. (The Vug)

 

EXILÉ De Johnnie To (Hong-Kong/2006)

Mi-polar, mi-western, Johnnie To, après John Woo avec Une balle dans la tête, s’essaie au film d’amis gangsters. Ici, d’anciens frères d’armes qui voulaient régler leurs comptes dans leur quartier d’origine se retrouvent sur un coup commun mais doivent à nouveau se séparer, surtout que l’un d’eux va devenir papa… Les personnages sont sympathiques et chaleureux, même les seconds rôles sont touchants, et ce sont sûrement les scènes de gunfight les plus abouties du cinéma hongkongais, tellement que cela se déroule sur la Chine continentale. (Hamburger Pimp)

 

G.O.R.A. D’Ömer Faruk Sorak (Turquie/2004)

Etrange OVNI venu de Turquie, cette comédie à gros budget multiplie les clins d’œil aux gros films qui ont fait la SF moderne, de THX 1138 à Star Wars, en passant par Le Cinquième Élément (dont la référence donne lieu à une scène hilarante) ou encore Matrix. Arif, marchand de tapis et photographe d’OVNI, se retrouve enlevé par des extraterrestres qui l’emmènent sur leur planète GORA. Aidé d’un panel de personnages loufoques, il fera tout pour rentrer sur Terre. Drôle, écrit, avec une réalisation soignée, G.O.R.A est une comédie succulente, délirante, un pur délire de geek. (Lullaby Firefly)

 

GOZU De Takashi Miike (Japon/2003)

Un yakuza perd la boule et pousse sa paranoïa au paroxysme en voyant en tout le monde des ennemis. En même temps le grand boss est masochiste aimant se fourrer des louches dans l’anus (avec Miike c’est drôle). Il doit être assassiné par son second, mais il disparaît et voici ce jeune yakuza embarqué dans une enquête où s’entrecroisent le loufoque, l’humour crade et David Lynch. C’est foutraque, foireux, artisanal, bref c’est culte. (Hamburger Pimp)

 
 

GRÉGOIRE MOULIN CONTRE L’HUMANITÉ

D’Artus de Penguern (France/2001)

Réalisateur, acteur, compositeur : le cinéaste français Artus de Penguern a pour ainsi dire donné de sa personne pour son Grégoire Moulin, une ode à l’anti-foot sur fond de pavé parisien. Produit en 2001, cette intrusion d’une heure et demie au cœur de la beaufitude à la française divise : on adore ou on déteste. Complètement barré, le film offre des dialogues et situations venus d’un autre espace temps. Grégoire le maudit va de mauvaises rencontres en mauvaises rencontres, de gags en gags tous plus ou moins glauques (de la rencontre d’Hitler à un médecin violeur)… On s’accorde sur le fait que la fin sur-exubérante est ridicule, mais la perfection n’existe pas. Un film français comme on en verra plus depuis ! (Nightmare)

 

LE GUERRIER SILENCIEUX, VALHALLA RISING

De Nicolas Winding Refn (Danemark-Royaume-Uni/2009)

Si, avec Drive, tout le monde a entendu parler de Nicolas Winding Refn, ce n’était certainement pas le cas un an et demi plus tôt, lors de la sortie discrète de Valhalla Rising. Mélange entre Aguirre, 2001 l’Odyssée de l’espace et un film de viking classique, Valhalla Rising est un trip métaphysique, une expérience dont on n’est jamais totalement sûr de sortir indemne. Romain Le Vern résume parfaitement cette épopée barbare : « Si tous les films dégageaient autant d’énergie, le marché de la cocaïne s’effondrerait. ». (Zelig)

 

HARRY BROWN De Daniel Barber (Royaume-Uni/2009)

Alors qu’Eastwood nous fait son film somme avec Gran Torino, un film au succès critique et public qui est bien mais ne prend pas trop de risques, Daniel Barber nous ramène pour la première fois dans un premier rôle, le vieux le plus classe de l’histoire du monde : Michael Caine. Se passant dans les cités anglaises, le films est sauvage, noir comme il faut et tout en nous présentant un personnage touchant, il prône des valeurs typiques du film de vengeance des eighties, nous rappelant le Walter Hill des grands jours tout en nous offrant des sentiments honnêtes et entiers, faisant de ce film un petit bijou noir super classe, super soigné et joué par un Caine qui a plus de classe dans un seul ongle que tous les acteurs du monde. (Skreemer)

 

THE HOUSE OF THE DEVIL De Ti West (Etats-Unis/2009)

L’Horreur indé américaine existe belle et bien et ne se résume définitivement pas à des métrages douteusement craspecs. Ty West le prouve avec son The House of The Devil, jolie bande hommage aux 70’s et aux 80’s, délicieusement réalisée, avec une photo impeccable et une mise en place de la tension progressive qui aboutira à un final glaçant. Samantha, jeune étudiante, est embauchée par un mystérieux couple pour faire un baby-sitting dans leur immense maison isolée, un soir de pleine lune. Bien sûr, la soirée ne va pas être de tout repos pour la jeune femme…Fort de quelques effets spéciaux à l’ancienne (rien ne vaut le bon masque en latex) et d’une réalisation sobre, inventive et maitrisée, The House of The Devil demeure une belle pépite, injustement sorti directement en DVD, malgré sa cinématographie évidente. (Lullaby Firefly)

 

INTUITIONS De Sam Raimi (Etats-Unis/2000)

Film faisant parti de ceux qui ont ramené le paranormal dans les salles à la fin des années 90/début 2000 à travers des métrages comme Prémonitions de Neil Jordan, ou Hypnose de David Koepp, Intuitions est aussi un retour vers le genre pour Sam Raimi. Il  s’appuie ici sur un casting quatre étoiles et offre un film maîtrisé, au suspense bien tenu. S’il  ne révolutionne pas le genre, il n’en reste pas moins une œuvre assez représentative de l’amour de Sam Raimi pour ce cinéma. (Nico Darko)

 

KING OF THE ANTS De Stuart Gordon (Etats-Unis/2003)

Jusque là spécialisé dans le cinéma fantastique à haute dominance lovecraftienne (Re-animator, From Beyond, Dagon), Stuart Gordon opère un virage étonnant dans son gore avec ce film noir particulièrement tendu où un jeune loser, qui accepte de jouer à l’assassin pour un caïd impitoyable, se retrouve pris dans une spirale de violence. Passant du thriller hitchcockien au torture porn pour s’achever dans une explosion de barbarie, King of the Ants ouvre à son réalisateur la voie d’une horreur urbaine et réaliste qu’il prolongera avec Edmond (2005) puis Stuck (2007). (The Vug)

 

KONTROLL De Nimród Attal (Hongrie/2003)

Kontroll est un OVNI venu de l’Est, une sorte de Subway à la hongroise mais pas seulement, un film de métro claustrophobique, avec une touche de punk dystopique et de l’humour noir servi par une bande de contrôleurs hauts en couleurs que n’aurait pas renié Kusturica. C’est des rencontres, des amitiés, un amour naissant, et un serial killer mystérieux. C’est une quête dont on ne sait plus trop si elle est intérieure ou extérieure; et qui finit par être les deux à la fois. Kontroll c’est une ambiance, une âme.  C’est aussi le premier film de Nimród Antal dont on se dit du coup qu’il aurait peut-être dû rester un peu en Europe. (Tom)

 

LA LÉGENDE DE BEOWULF De Robert Zemeckis (Etats-Unis/2007)

Alors là, on a typiquement le cas d’un « gros film » qui a été oublié pour plusieurs raisons. Tout d’abord, il a le même titre qu’un film pourri sorti il y a quelques années avec Christophe Lambert, et ensuite, c’est le précurseur de tous les films en motion capture, ce qui fait que les gens ne savaient pas trop s’ils allaient voir un dessin animé ou un film. Aidé par des scénaristes au top (Neil Gaiman et Roger Avary), Zemeckis nous offre un divertissement adulte, intelligent, violent, qui nous fait réfléchir sur ce qu’est une histoire, ou encore une histoire dans l’histoire. Le film, fidèle au poème du moyen âge, est un vrai manifeste à l’utilisation de la 3D comme un véhicule esthétique mais aussi idéologique. Un de mes films préférés de la décennie. (Skreemer)

 

MAIN HOON NA De Farah Khan (Inde/2004)

Il y a des trésors cachés du côté de Bollywood, et généralement, Farah Khan n’en est jamais très loin. Chorégraphe renommée dans l’industrie, Farah Khan décide en 2004 de passer derrière la caméra et d’adapter un de ses scénarios, le tout interprété et co-produit par son grand pote Shahrukh Khan, la méga star indienne. La grande force de Farah Khan, au delà de sa maitrise de la réalisation des scènes de danse, splendides et étonnantes (la première est un plan séquence de 10 min), reste son humour, la réalisatrice n’hésitant pas à contourner les clichés hollywoodiens du genre (le bullet time de Matrix pour un postillon, une course poursuite en pousse-pousse enflammé sur fond du score de Mission Impossible), sans dénaturer les autres genres qu’elle exploite, du teen movie au drame familial, du film d’action au film politique. (Lullaby Firefly)

 

THE MAN FROM EARTH De Richard Schenkman (Etats-Unis/2007)

The Vug a déjà tout dit sur ce dernier. Aux antipodes de Casshern, The Man from Earth fait partie de ces films minimalistes qui, comme l’immense Stalker d’Andreï Tarkovski, réussissent l’exploit de distiller une atmosphère fantastique sans jamais faire appel au moindre artifice visuel. Cela implique un concept fort exploité par un scénario intelligent, une écriture subtile, et un jeu d’acteurs à la hauteur. The Man from Earth a tout ça. (Tom)

 

MAY De Lucky McKee (Etats-Unis/2002)

L’Horreur au début des années 2000 semblait partager entre les relents des 90’s, l’influence de l’école espagnole et la vague des post-Ring, Lucky McKee, jeune loup du ciné indé, mettait sur péloche un film unique en son genre, où la poésie morbide surpasse toute esthétique gore, nous faisant suivre le quotidien difficile de son héroïne si attachante, May, gamine paumée dans un corps de femme, dont le seul souhait est de parvenir à se faire un ami, autre que la seule qu’elle n’ait jamais eu, sa poupée. Doté d’un sens scorsesien de l’utilisation de la musique, maitrisant aussi bien l’écriture que la mise en scène, McKee livre l’un des plus beaux films d’Horreur de la décennie, prouvant qu’il faudra dès lors compter sur lui dans le genre. (Lullaby Firefly)

 

MIND GAME De Masaaki Yuasa (Japon/2004)

Véritable OVNI filmique, cette course poursuite entre un jeune dessinateur et des yakusas, est un prétexte pour découvrir tout le talent des studios 4°C (Amer Béton). Déluges d’inventivité, Mind Game régale les pupilles en mêlant différentes techniques graphiques. Du dessin aux prises de vues réelles, cette adaptation du manga éponyme, ne répond à aucune règle et propose un délire visuel unique, sans même avoir besoin du moindre psychotrope ! (Zelig)

 

MOON De Duncan Jones (Royaume-Uni/2009)

Sam  vit seul, exilé volontairement dans une station lunaire, où il travaille pour tenter de subvenir aux besoins énergétiques de la Terre. Mais au bout de 3 années, ce bon bougre de Sam, s’aperçoit qu’il est au cœur d’une machination… Huis-clos paranoïaque, garni d’un minimum de décors et d’un seul acteur, ce premier film de Duncan Jones est un coup de maître. Sans chichis, le p’tit Bowie réussi parfaitement à nous plonger dans l’esprit torturé de son personnage. A Space Oddity ! (Zelig)

 

MORSE De Tomas Alfredson (Suède/2008)

Sorti en catimini dans les salles obscures, c’est grâce au bouche à oreille que Morse est devenu au fil du temps, un film culte. Cette amitié entre un jeune adolescent un poil looser sur les bords, et une jeune vampire contrainte de vivre cachée, est magnifiée sous la caméra de Tomas Alfredson. Plus proche de Gus van Sant que de Wes Craven , la mise en scène, posée et épurée, risque de surprendre ceux qui cherchent un film de vampire hollywoodien, gonflé aux hormones et marque la singularité de ce petit bijou. (Zelig)

 

ONZE HEURE QUATORZE De Greg Marcks (Etats-Unis-Canada/2003)

Plusieurs protagonistes sans lien apparent, un accident de voiture, un horaire commun: 11:14. Le film emploie un procédé (un découpage notamment employé dans Pulp Fiction de Quentin Tarantino) qui peut être payant tout comme extrêmement risqué à la moindre faille scénaristique Mais l’écriture reste certainement le point fort de cette bonne petite série B teintée d’humour noir qui, au-delà du simple exercice de style, réussit aisément à remplir son objectif, c’est-à-dire de n’être ni plus ni moins qu’un divertissement de qualité. (Nico Darko)

 

THE PRESIDENT’S LAST BANG D’Im Sang-soo (Corée du Sud/2005)

Coup de sang et coup d’Etat, thriller à l’humour grinçant sur l’assassinat du dictateur de Corée du Sud Park Chung-hee, nous voici spectateur d’une course contre la nuit. Alternant grands et petits espaces (ministère, villa) et démultipliant les points de vue (ceux pour le renversement, ceux contre), le film semble se constitué en une farce baroque à la limite de l’absurde, le président est mort mais le pouvoir n’est pas renversé. (Hamburger Pimp)

 

PRIMER De Shane Carruth (Etats-Unis/2004)

Attention, voilà thriller pour geeks matheux, pis que Pi! On peut aimer Primer pour deux raisons : premièrement il a été écrit par un ex-ingénieur diplômé de mathématiques, et nous offre l’une des approches du voyage dans le temps les plus rationnelles et les plus crédibles que l’on ait pu voir au cinéma – et cela a un prix : laissez tomber les clés de la DeLorean, car dans Primer on remonte le temps au prix d’un processus long et fastidieux. C’est pas rigolo. Nous sommes dans un thriller léché, un qui fait réfléchir. Deuxièmement, l’auteur, Shane Carruth, est aussi le réalisateur, le monteur, le directeur de la photo, le compositeur, le producteur, et l’un des acteurs principaux du film. Tourné en 16mm bien avant la vulgarisation du cinéma numérique par le Canon 5D, le résultat est d’une qualité exceptionnelle pour un budget total de 7000$, qui en a rapporté 70 fois plus. Quand je vous dis qu’il est bon en maths, ce Carruth ! (Tom)

 

SESSION 9 De Brad Anderson (Etats-Unis/2001)

Loin de n’être qu’une énième histoire de maisons hantées, Session 9 est un pur film d’ambiance se déroulant dans un asile psychiatrique désaffecté. Brad Anderson, notamment réalisateur de The Machinist, prend son temps pour y décrire ses personnages et y instaure un rythme volontairement lent mais captivant. Davantage axé sur l’aspect psychologique que sur un réel aspect fantastique, Session 9 est le genre de film dont l’atmosphère qui s’en dégage suffit à créer l‘effroi, sans que le réalisateur n’est forcément recours à des artifices pour appuyer le propos. (Nico Darko)

 

THE TASTE OF TEA De Katsuhito Ishii (Japon/2004)

Collaborateur sur quelques uns des projets les plus excitants des années 2000 (Kill Bill, Redline), l’artiste multifonctions Katsuhito Ishii réalise avec son troisième long-métrage une œuvre drôle, poétique et surréaliste, succession de vignettes décalées qui dresse le portrait d’une famille japonaise aussi atypique qu’attachante. On croise ainsi des yakusas fantômes, des doubles géants, des cosplayers débiles et des chanteurs ringards durant les presque deux heures trente de ce rêve éveillé qui enfile les scènes cultes les unes derrière les autres. (The Vug)

 

TEMPÊTE DE BOULETTES GÉANTES

De Phil Lord et Chris Miller (Etats-Unis/2009)

Après la surdose d’animés made by Pixar et Disney, Sony distribue en 2009 le surprenant Tempête de boulettes géantes. Intelligent, original, ce long-métrage animé met en scène Flint, un jeune inventeur maladroit et incompris, qui va conquérir l’estomac de ses concitoyens à l’aide d’une machine qui transforme l’eau en nourriture ! Malbouffe, rapports humains… tout y est, avec un graphisme moins léché et coloré qui s’adresse à un large public. Le message (fond de tolérance) passe sans forcer et l’humour, fin et travaillé, fait de Tempête de boulettes géantes un bijou du genre qu’on ne se lasse pas de re-regarder. (Nightmare)

 

TIME AND TIDE De Tsui Hark (Hong-Kong-Chine/2000)

Tsui Hark est sûrement la figure la plus importante de l’âge d’or du cinéma hongkongais.  Après avoir quelque peu expérimenté vers ses débuts, il trouve sa patte dans le cinéma d’action, notamment les films de sabre chinois comme The Blade ou Il Etait Une Fois en Chine. Il ouvre la décennie avec Time & Tide, un film urbain, sec, violent, teinté de philosophie et surtout contenant des scènes d’action jamais vues qui ont été maintes et maintes fois reprises, copiées ou ont influencé. Time & Tide est un film puissant, intime sans pour autant oublier de servir le divertissement, car après tout, quand il est bon, Tsui Hark est pour moi l’entertainer parfait. (Skreemer)

 

 

Retrouvez également le top 30 des films incontournables des années 2000 et notre top 30 de 2010 à 2015.

 

 

Partager cet article
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • email

About Celluloidz