Critique de Sleeping Beauty

VN:F [1.9.22_1171]
Notez ce film
Rating: 0.0/5 (0 votes cast)

Sleeping Beauty

 

De Julia Leigh

Avec Emily Browning, Rachael Blake, Ewen Leslie

Australie – 2011 – 1h41

 Rating: ★★★☆☆

 

Jeune étudiante australienne, Lucy multiplie les emplois pour se payer ses études, mais cela ne suffit pas. Un jour elle tombe sur une annonce particulière, où l’entretien se révèle particulier aussi, elle doit se déshabiller alors qu’on lui explique que le travail en question est de servir lors de repas privés, avec une possibilité d’avoir plus de responsabilités…

Comme vous êtes de fidèles lecteurs, vous savez que je me suis occupé de Salo ou les 120 jours de Sodome, le film très controversé de Pier Paolo Pasolini et j’ai remarqué des ressemblances. En effet, de ma séance dans le petit cinéma de quartier (latin) Accatone, je n’aurais pensé que le film italien que je venais de voir avait une possible filiation. La présence d’une maquerelle classe et élégante, logeant dans une habitation luxueuse, les vieux notables lubriques, ainsi que la notion de spectacle vivant ; des femmes presque nues faisant le service à table tout en se montrant intime avec les convives (plan séquence du petit salon) ; proposent une certain déréalisation du monde, une caractéristique fantastique qui est proche de celle de Pasolini. Ce monde de la nuit, sexuel et enfermé est en contraste total avec la vie de tous les jours de Lucy, surtout par la suite du récit filmique où son boulot sera de dormir. Mais si Pasolini s’attristait de la fin du prolétariat et du sacré, de quoi s’attriste Julia Leigh ?

En effet, on est perplexe quand au discours du film et la finalité du récit. On ne sait pas vraiment qui est et ce que veut Lucy. Tantôt désinvolte (« sex with strangers » dans un bar chic), tantôt bienveillante avec son ami junkie et dépressif Birdmann, le personnage jouée par Emily Browning imprime la caméra. Mais si nous sommes touchés par sa grâce, sa peau laiteuse, cristalline emprunte de pureté, nous ne comprenons pas sa manière de vivre fragile et légère, peut-être est-elle plutôt intéressée par l’appât du gain (kesaquo du billet brûlé ?). Pourtant ses différents clients présentent plusieurs facettes de l’homme moderne : le lettré, le sadique et le viril, ce qui pourrait amener à réfléchir sur notre monde postmoderne où les jeunes étudiantes se retrouvent aux prises d’hommes de pouvoir dégénérés, la prostitution étudiante est  devenue un vrai problème,  avec beaucoup de cas en France.

Mais au finale, n’est pas Pasolini qui veut. La réalisatrice peine à donner une réflexion sur la femme et le corps solide, et on peut oublier le féminisme. Certes le corps de l’héroïne est beau, esthétique, Emily Browning est appliquée et impliquée, à nous rappeler les tableaux de nues d’époques passées car la mise en scène est soutenue, on reste dans l’expectative. Il faudra attendre le second film de Julia Leigh pour vraiment statuer sur elle.

 

 

Hamburger Pimp

Partager cet article
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • email

About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…