Critique de Saint

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Rating: 2.0/5 (2 votes cast)

Sint

de Dick Maas

avec Huub Stapel, Egbert-Jan Weeber, Caro Lenssen

Pays-Bas – 2010- 1h28

Rating: ★★☆☆☆

Figure de l’Horreur néerlandaise, Dick Maas revient dans nos contrées au rayon DVD, près de 28 ans après L’Ascenseur et près de 23  ans après Amsterdamned, les deux films qui l’on fait  en Europe. Et ce projet, sur le papier, attise la curiosité, vu qu’il prend comme point de départ Saint Nicolas, alter ego flamand du Père Noël, qui  ne serait pas le généreux vieillard de la légende, mais un évêque sanguinaire maudit, brulé vif par des villageois au XVI ème siècle et qui reviendrait se venger tous les 30 ans, le 5 décembre, à la pleine lune, en tuant enfants comme adultes.

Sur le papier donc, le pitch fait rêver, prenant un mythe populaire plutôt positif et  le faisant devenir un boogeyman, un croque mitaine,le confondant avec le Père Fouettard, enlevant les enfants par la cheminée et semant la mort derrière lui, au lieu des cadeaux tant attendus. Accompagné d’une horde de brigands moyenâgeux morts-vivants, Saint Nicolas écume la ville, égorgeant, décapitant et tout un panel d’autres joyeusetés, sur son cheval blanc un peu moisi, ce qui donne lieu à des scènes délirantes de poursuites  sur les toits et de mises à mort fort originales. Maas parvient à bien exploiter son concept, retournant  les attributs habituels de la légende à son avantage ( sa crosse devient une lame tranchante), et à défaut de faire peur, construit un personnage vraiment intrigant. On s’attend à un traitement comique, le pitch excluant par son extravagance toute possibilité de créer la peur, à part peut être chez les gamins, ce qui lui a valu une polémique aux Pays Bas à sa sortie, non pas sur le film, mais sur son affiche, présentant Saint Nicolas en mort vivant cramé, image jugée un poil trop flippante pour les têtes blondes qui croient encore en la légende.

Néanmoins, le problème de Dick Maas reste son passéisme. Malgré un beau budget pour ce type de prod et une mise en scène plutôt classieuse  pour un bis, c’est au niveau de l’écriture de scénario que le réalisateur pêche le plus. Enfonçant tous les poncifs définis par Carpenter (références à Halloween et Fog), et par Craven (jumpscares à la Scream, similitudes avec Freddy) , Saint délaisse rapidement son aspect bisseux pour préférer livrer un slasher de bonne facture au demeurant, s’il n’arrivait pas vingt ans après la bataille. Du coup, le second degrés passe au second plan et toutes les idées délirantes s’avèrent traitées avec encore trop de sérieux pour être savourée. Reste cependant des idées de personnages surprenantes, comme ce flic traumatisé par l’assassinat de sa famille par Saint Nicolas quand il était enfant, passant pour un fou à force de clamer à qui veut l’entendre la vraie légende du méchant barbu. Sans tomber dans la parodie débile, Saint aurait gagner à s’affranchir de son budget de 4 millions d’euros et de son producteur Tom de Mol, et de ne pas rougir de son délire Z. Cependant, Dick Maas a tout de même de la bouteille, la réalisation étant tout à fait correct, insufflant de bonnes idées visuelles et une bonne dynamique dans sa narration, avec des scènes gore sympas.

Le film aurait surement marqué le genre, s’il avait été fait plus tôt. Si Wes Craven est parvenu à imposer de nouveau le genre dans les années 90, Maas ne parvient pas à l’ancrer dans les années 2000. A moins que nous ne  soyons déjà dans le revival 90’s.

Lullaby Firefly

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.