Critique de L’Exercice de l’État

VN:F [1.9.22_1171]
Notez ce film
Rating: 0.0/5 (0 votes cast)

L’Exercice de l’Etat

de Pierre Schoeller

avec Olivier Gourmet, Michel Blanc et Zabou Breitman

France – 2011 – 1h52

 

Rating: ★★★★☆

Bertrand Saint-Jean, ministre des transports, est réveillé en pleine nuit, il faisait un rêve érotique bizarre, à propose d’un accident de car transportant des adolescents dans les Ardennes. D’une interview à la radio concernant l’accident, il assure qu’il ne sera mis en place aucune privatisation des voies ferrées, quand le ministre du budget prétend le contraire…

Film politique français, L’Exercice de l’Etat, réfléchit sur l’abjuration des idéaux des politiciens, entre ce qui est juste et ce qui doit être fait. En l’occurrence, pour ce film, le réalisateur a choisit un ministère peu médiatique, les transports, pourtant la question de la privatisation de la SNCF et de la RATP prochainement a fait beaucoup parlé mais très peu de temps. L’abjuration vient en premier lieu par la notion de réforme, le mot semblant être le plus important en politique, en réformant le pays, on le « modernise ». Qu’est-ce que la modernité après tout ? La France, une des plus cinq plus grandes puissances du monde, ne serait pas à jour de l’état actuel du monde ? Pourtant, c’est le fourmillement d’interrogations à ce sujet qui est au centre du film, entre cynisme (« L’Etat n’existe plus remplacé par des services privatisées, car il n’a plus d’argent, et plus d’argent signifie moins de pouvoir » dit un des personnages) et volonté populaire (« le peuple a raison d’être méfiant car il n’a pas la pouvoir » dit un autre). Et si la parole politicienne est importante, plutôt que le discours (un défaut ?), par conséquent cela parle beaucoup, surtout entre quatre murs (voiture, cabinet ministériel, appartement grand bourgeois, voire caravane…), on va même jusqu’à entendre les premiers discours du Général de Gaulle. Mais ce monde politique n’est pas opaque, le ministre, interprété par l’excellent Olivier Gourmet, va l’encontre de la réalité : lieu de l’accident, lieu de manifestation et amitié avec son chauffeur stagiaire quarantenaire (une autre prestation à noter Sylvain Deblé). Et il y a toujours conflit.

 

En effet, si le réalisateur Pierre Schoeller considère qu’avec le cas de la Grèce dans l’Union Européenne, dans le tourment de la crise économico-sociale mondiale, l’Histoire est en train de s’écrire, et elle s’écrit dans le combat, celui pour le changement ou celui de la continuité. Les personnages de Bertrand, et celui de son chauffeur Martin en miroir, cristallisent le combat et le conflit par leurs corps « flous » (et meurtris). Une lutte contre l’antipathie, la technocratie (forme de gouvernement, de société où le conseiller technique joue un rôle important dans les prises de décisions) et l’oligarchie (le pouvoir aux riches, toute ces génération de nantis, héritiers fils d’héritiers, au pouvoir encore actuellement). De plus le metteur en scène s’essaie aux nouvelles technologies pour signifier ce combat d’échecs (incrustation d’écran i phone, prise de vidéo avec l’i phone) où le peuple reste le corps souffrant de la société, car les politiciens ne sont pas là pour changer le monde, mais par moments juste pour faire avaler la pilule de changements qui ne sont bénéfiques seulement pour l’Etat.

L’Exercice de l’Etat met un point d’orgue sur la fin de l’Etat Providence ? Ou affirme une fois pour toute que les politiciens sont trop détachés du monde ? En tout cas il suggère que le vrai verbe politique n’est au fond jamais entendu, du moins plus maintenant, car on comprend par ce film que le pragmatisme a remplacé la croyance et la connaissance… Rendez-vous en avril 2012…

 

 

Hamburger Pimp

Partager cet article
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • email

About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…