Critique des Immortels

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Immortals

De Tarsem Singh

Avec Henry Cavill, Mickey Rourke, Freida Pinto et John Hurt

Etats-Unis – 2011 – 1h50

Rating: ★★★★☆

C’est fou comme dès qu’un réalisateur a un univers fort, les spectateurs, avant même de rentrer dans ce dernier et voyant des bandes annonces et des affiches crient au navet. Immortels de Tarsem Singh, réalisateur de films moyens voire bons mais à l’univers visuel très inspiré de tableaux, ne déroge pas à la règle.  En effet, le film autour de moi est critiqué sans être vu et lorsque j’ai dit vouloir vraiment le voir, les premières réactions que j’ai eu étaient, malgré une certaine culture et intelligence de mes interlocuteurs,  les réactions d’un public réac, un truc ressemblant aux cons qui en 2011 en ont « marre de la 3D ».

Bref, je vais le voir donc, et putain de bordel de bite, j’ai pris mon pied, sérieusement. Alors attention, au niveau du scénario, ça ne pisse pas super loin, la reprise des mythes grecs est bien classe et tout mais c’est rongé de trous, de persos qui apparaissent, disparaissent à loisir,  le rythme est parfois lent et il n y a rien de révolutionnaire à ce niveau.

Pour tout le reste, je suis à fond, vraiment, que ce soit pour les images, magnifiques, mêlant imagerie de la Grèce Antique à celles des tableaux de la Renaissance (Tarsem s’est inspiré pour le film du Caravage). La composition des plans, riche, dense, les couleurs, les mouvements et les repos, tout, tout ce qui touche à l’esthétique dans le film me touche, c’est épique sans être grossier et vulgaire, inspiré, novateur sans être iconoclaste. Tout le travail qui touche aux costumes, notamment aux masques m’a vraiment touché. Je ne veux pas trop en dire là dessus, mais vous verrez par vous même si je réussis à vous convaincre, c’est  juste impressionnant !

Ensuite, au niveau de la thématique, même si ça reste du déjà vu, même du déjà raconté pas trop différemment, ça reste fort. Les personnages sont intéressants et très très bien joués, avec une mention spéciale à Cavill qui confirme ici qu’il fera un Superman très cool, et à Mickey Rourke, impressionnant, charismatique au possible, classe, cruel, sans pitié, sanguinaire, tout en restant humain. Sanguinaire, parlons en d’ailleurs, parce que du sang, y en a à foisons putain, mais c’est jamais vulgaire et vient s’inscrire parfaitement dans la démarche de l’auteur, ce n’est plus du sang mais du rouge, de la peinture, de la couleur. Tarsem fait son film avec des ombres, des lumières, des couleurs, c’est organique et colle parfaitement avec ce qu’il veut raconter.

Finalement, bien que malheureusement un peu simpliste dans le fond, ça reste un divertissement de haute volée doublé d’un chef d’œuvre graphique et fait écho avec des films d’aventure comme Conan le Barbare, lyrique mais sans concessions, donnant un aspect presque sec au tout.

J’attends le film après son prochain avec impatience, car le prochain a l’air nul.

Skreemer

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About Skreemer

Comme le dirait son bon pote Brassens, « Autrefois, quand j’etais marmot, J’avais la phobie des gros mots, Et si je pensais «merde» tout bas, je ne le disais pas… Mais Aujourd’hui que mon gagne-pain c’est de parler comme un turlupin, Je ne pense plus «merde» pardi ! mais je le dis. » En plus de tout ça, Skreemer a un goût certain pour la bagarre verbale avec les cons, les livres, les films et les bandes dessinées. Ses biscuits préférés sont les Hello Kitty à la fraise et il a toujours du Coca-Light et des clopes chez lui au cas où une demoiselle passerait. Par contre, il fait de longues phrases sans fin, avec plein de virgules dedans et n’aime pas les tomates. De plus, il est petit en taille et compense en utilisant du verlan.