Critique de The Last Son – La Malédiction (Hideaways)

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Hideaways

d’Agnès Merlet

avec Harry Treadaway, Rachel Hurd-Wood et Thomas Brodie-Sangster

Irlande – 2011 – 1h35

Rating: ★★★☆☆

James Furlong, comme tous les hommes de sa famille, est né avec un don. Mais il porte le sien comme une malédiction, les choses autour de lui mourant lorsqu’il souffre. Jusqu’au jour où il rencontre Mae, pétillante jeune femme atteinte d’un cancer…

Le conte fantastique est revenu en fanfare ces dernières années, entre le conte de fée revisité dont on ne compte plus ni le nombre de métrages sorti en un an, ni ceux à venir (deux Blanches Neiges tout de même), ou de manière plus confidentiel chez des cinéastes plus indé. Si le premier a donné lieu à une belle mélasse formatée (Alice de Burton, le pantouflard Chaperon Rouge ou encore l’oubliable Sortilège), le second nous laisse découvrir à coup de lance-pierre de jolies bobines, comme Ondine de Neil Jordan ou plus récemment le mélancolique Heartless. C’est bien évidemment dans cette seconde vague que se classe Agnès Merlet

Bien qu’il soit cinématographiquement en dessous des deux films précités (tout le monde ne peut pas filmer l’Irlande comme Neil Jordan), Hideaways n’en reste pas moins fort honnête dans sa démarche première, celle de narrer une belle histoire et pour cela, Agnès Merlet s’appuie sur un scénario très classique dans sa structure (voix off, flashback d’introduction) mais solide dans son propos. Les personnages sont habilement présentés et identifiés, la première séquence nous montrant l’enfance de James, avant de revenir dix ans plus tard pour introduire Mae à l’hôpital face au diagnostic fatal. Juste en deux scènes, le portrait des personnages centraux est dressé et leur opposition (il sème la mort, elle lutte contre elle) est mise en place, de même que l’antagoniste, Liam.

Schema classique de la tragédie certes mais l’aspect fantastique qui s’ajoute n’est pas sans rappeler cette littérature britannique dans laquelle le scenario puise ses sources, que ce soit Poe, Wilde pour Dorian Gray, les sœurs Brönte, bref, la fleur de la littérature fantastique du XIXème.Toute l’ingéniosité d’Agnès Merlet est de ne pas avoir cédé à la tentation du gothic light mielleux pour midinettes, elle en a même fait l’opposé. James, son héros ne vit pas dans un loft dans les bois, mais dans une cabane. Il est pas looké Abercrombie, il est plutôt du genre hobo. Les problèmes de Mae sont autres que ceux d’une ado qui a le choix entre deux mecs. Pourtant, le film préfère se centrer sur ce qu’ils vivent ensemble, ces instants où ils sont au delà de la mort qui les entoure, courts mais assez forts pour faire tenir le dénouement.

Une bien belle conception de l’amour que nous livre ici Agnès Merlet, , même si Hideaways manque d’originalité dans sa réalisation, parfois trop classique, et d’une photo un peu trop terne, même si dans le cas présent, cela tient davantage du parti pris. Bien que quelques effets numériques un peu grossiers trahissent le manque de budget, les scènes de flétrissement n’en sont pas moins très belles, parvenant même à instaurer un suspense à plusieurs reprises.

Conte fantastique intelligent et conscient de sa filiation, Hideaways est une très belle histoire, joliment racontée.

 Lullaby Firefly

 

 

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.