Critique de Handicap au vent

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Handicap au vent

 

De Florent Demaison

 

France – 2011 – 1h17

Rating: ★★★★☆

 

Antoine, 22 ans, devenu paraplégique suite à un accident de deltaplane, rêve un projet de voyage. Avec son ami Florent, ils décident de traverser une partie des Etats-Unis, de Miami à Los Angeles en auto-stop…

Voyage sur la route des Etats-Unis à en rappeler Jack Kerouac, introduit par une bellle séquence animée, ces deux jeunes, Antoine et sa volonté de vivre et Florent le filmeur, sortent des sentiers battus pour une quête qui l’est tout autant. De la caméra comme carnet ou journal de voyage, on s’empathie de la galère tout en reconnaissant le courage, on s’émeut de la musique joyeuse sur des images de fraternité de l’habitant (auberge de jeunesse hippie, jeunes étudiants youtube). On rigole des différentes bibles données (avec la musique geek de Zelda), du crackhead de Miami chaleureux, de l’alcoolique sympa ou d’une vitre sale. Ces rencontres expriment, par le prisme de la caméra, la fenêtre ouverte sur le monde par ces deux jeunes. C’est par aussi coachsurfing (le fait que des touristes soient accueillis par des hôtes étrangers pendant quelques jours, avec qui ils auraient déjà convergé au préalable), que les français voyagent ce qui permet un vrai repos après des heures d’auto-stop sous le soleil. Jack Kerouac en disait que c’était quasi une habitude de prendre en auto-stop les gens aller vers l’ouest, ce n’est peut-être plus le cas.

Mais les difficultés n’enlèvent la saveur d’écouter en live un groupe de musique de la Nouvelle-Orléans, et d’ailleurs des tas de groupes jouent partout dans les rues. Même la difficulté ultime de voyager seul pour Florent, Antoine devant être hospitalisé. Il visitera le Grand Canyon et rencontrera un sage… Ce sont les plus beaux plans du film, une séquence de montrer la nature inapprivoisée (le vol de chauve-souris). D’une ambiance à l’autre, un trip Mario Kart dans une grande surface à la discussion d’un SDF (les trois raisons d’aider quelqu’un), voici la finalité du voyage, le festival Burning Man. D’un coin de désert, là il n’ya vraiment rien, même pas de vie juste de la poussière, il s’y déroule le plus grand festival païen. Il y est érigé un temple d’architecture rétro-futuriste, à en rappeler Moebius ou Enki Bilal, qui sera brulé à la fin, trip païen ultime, en envolant toutes les prières dans son « feu ardent ». Ajoutons le notable mixage vidéo musique minimaliste et effets visuels dans la séquence du festival.

Antoine et Florent ont fait le voyage de l’âme et de l’humain, au tour des autres.

Retrouvez toutes les infos sur le film sur le site de nos confrères de Pianitza and Co, à l’origine du projet, ainsi que sur le site du film handicapauvent.over-blog.com.

Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…