Critique de Colorful

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Rating: 4.0/5 (1 vote cast)

Karafuru

 

De Keiichi Hara

Avec les voix de Kazato Tomizawa, Aoi Miyazaki, Akina Minami

Japon – 2011 – 2h06

 Rating: ★★★★☆


Une âme, semblant être au purgatoire, se voit offrir une seconde chance, annoncé par un jeune garçon aux cheveux argentés. Elle doit retourner sur Terre afin d’intégrer un corps dont le destin est à changer, il s’agit d’un élève de troisième, Makoto Kobayashi, ayant fait une tentative de suicide…

La narration du film d’animation que voici met en place le concept, maintenant rarement utilisé de « je est un autre ». De discours intérieur aux conseils de l’ange en tenue d’écolier, fait la découverte d’une famille éclatée et névrosée, auquel il ne comprend grand-chose : un frère distant, un père détestant son boulot et une mère infidèle. La famille est clairement montrée comme point de départ de trouble psychologique et social. Du caractère mutique de la famille résonne le caractère mutique de Makoto, de peur de se faire démasquer, une âme à l’intérieur d’un corps qui n’est pas le sien. L’école en constitue le second point, on y découvre la cruauté et l’exclusion (il y aura même l’hostilité avec le racket près du temple de la ville, pour signifier en plus le blasphème des lieux sacrés ?), le protagoniste est dernier de sa classe et n’a pas d’ami. Néanmoins, l’auteur de l’anime met en place un triangle sentimental avec deux filles, Hiroka et Shôko. Quand l’autre est belle, chaleureuse et partageuse (elle apparaît dans chacune de ses scènes avec des sucreries), l’autre porte des lunettes et se comporte bizarrement. Par conséquent, entre l’apprentissage de la méfiance et de la confiance, on y remarque que l’amour n’est pas celui qu’on croît, avec à nouveau le débat sur la prostitution écolière.

Et Makoto se fera pourtant un ami au lycée, avec qui il apprendra sa première leçon, l’histoire passée d’un tramway dans la ville où ils se baladent en marquant chaque ancien arrêt du tram, sûrement la plus belle séquence du film, mêlant images réelles et animation. C’est le premier pas de l’apprentissage de la vie. En effet, c’est une éducation existentielle, voire existentialiste qu’il nous est regardé pendant deux heures. En premier lieu l’importance du repas, le rite du manger, le protagoniste n’a jamais faim et s’empiffre de malbouffe de par sa distance avec les autres, quand il mange vraiment une étape est franchie. D’un autre côté, il y a l’éveil artistique, Makoto peint et même très bien, d’ailleurs il passe son temps à regarder un tableau qu’il n’arrive pas à achever, un cheval au fond de l’océan. Cela provient d’un amour de la nature, cette nature luxuriante et colorée semblant en perpétuel mouvement (la partie de pêche avec son père).

Véritable teen anime movie, les lycées américain et japonais sont des magnifiques microcosmes pur comprendre les sociétés respectives, Colorful est un hymne à la vie, vivre de tout son saoul. Néanmoins on peut regretter la qualité moyenne en général du graphisme et de l’animation de l’ensemble du film. Et vous, êtes-vous ou vous sentez-vous vraiment vivant ?

 


Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…