Critique de Bellflower

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Rating: 2.5/5 (4 votes cast)

Bellflower

 

d’Evan Globell

avec Evan Globell, Jessie Wiseman, Tyler Dawson et Rebekah Brandes

Etats-Unis – 2011 – 1h45

Rating: ★★☆☆☆

Premier film d’Evan Glodell, qui l’a produit, écrit, monté, réalisé et interprété (c’est dire l’implication du jeune homme dans le projet), Bellflower avait déjà été projetté à Sundance cette année, avant d’être présenté ici en compétition au PIFFF. Bien étrange choix, pour un film qui ne s’avère absolument pas fantastique, si ce n’est pour sa référence avouée à Mad Max, les deux protagonistes un peu paumés qui ne semblent pas avoir grand chose à faire si ce n’est picoler et fonder un gang à la Mad Max donc, appelé Medusa. Pour cela, les deux buddies ont fabriqué un lance-flamme maison et prévoient de retaper une bagnole pour en faire leur char en cas d’Apocalypse. Mais lorsque Woodrow rencontre Millie dans un bar, le plan ne semble plus être sa priorité.

Difficile de résumer Bellflower, non pas à cause de sa densité, bien au contraire. Si l’on se laisse porter par la première demi heure, s’habituant au rythme lent de la narration, c’est surtout parce que l’on attend que le film décolle. Or, le film ne décolle pas. Néanmoins, Glodell sait filmer et en multiplie les preuves en accumulant des idées visuelles intéressantes (l’ellipse avant un coup de poing, les essais de lance-flamme dans le crépuscule) sans pour autant dépasser le simple effet de style. Il en va de même pour l’utilisation de la musique, toujours des chansons pops ou folks, intégralement au service de la mise en scène, donnant naissance à des passages très clipesques mais sans grande inventivité ni grand intérêt, tant le film est desservi par un scenario vain et sans profondeur. Les personnages principaux sont présentés à la va-vite, la plupart du temps au travers des dialogues et non de leurs actes, ce qui ne parvient pas à les rendre crédibles ou simplement vraisemblants, créant une distance non voulue entre le spectateur et leur histoire. Multipliant les scènes de beuverie pour appuyer le côté désabusé et nihiliste des protagonistes, quitte à en devenir lourd et à les faire passer pour des ados attardés (jamais ils bossent ces feignasses?), Glodell finit par désintéresser de leur sort, tant il semble aussi paumé qu’eux dans l’écriture de son film, tant il ne semble pas savoir où il va et où il veut en venir et ce, malgré une très belle photo et un joli sens de la réalisation. C’est joli, ça a été pensé pour l’être, mais ça reste très en surface, ne maîtrisant pas vraiment son propos, et ne cherchant pas non plus à l’universaliser.

Savoir réaliser n’est pas tout, si le scenario fait défaut, rien ne parviendra à en faire un bon film. C’est le cas de Bellflower qui aussi soigné soit-il visuellement ne s’avère pas si inventif que ça dans sa réalisation et surtout, sonne désespérément creux, tant son scenario est maigrelet. Sans scène réellement marquante, sans profondeur dans son discours et sans grande originalité dans son histoire, Bellflower présage cependant d’un bel avenir de réalisateur à Evan Glodell, si ce dernier conçoit néanmoins à laisser quelqu’un d’autre s’occuper de l’écriture…

Lullaby Firefly

 

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.