Critique de Poursuite Mortelle / A Lonely Place to Die

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A Lonely Place to Die

de Julian Gilbey

avec Melissa George, Ed Speleers et Sean Harris

Grande-Bretagne – 2011 – 1h40

Rating: ★★★★★

 

Le fantastique britannique actuel est un vivier de bons auteurs, de cinéastes astucieux, livrant régulièrement de très bonnes bobines  de genre, souvent fantastique ou horrifique, preuve de l’effervescence créative et du bouillonnement d’idées novatrices. En quelques années, des jeunes réalisateurs ont débarqués de nulle part, renouvelant le(s) genre(s) sous différentes formes, n’hésitant pas à passer de l’un à l’autre. C’est dans cette même veine que s’inscrit Julian Gilbey, également co-auteur du scenario avec son bro Will,  avec A Lonely Place to Die, qui sous ses allures de survival dans les montagnes est  bien plus que ça.

La mise en scène de Gilbey se ressent jusque dans la conception des mouvements de caméra appuyant à chaque instant la narration et ce dès l’ouverture du film. Partant d’un gros plan de pied, la caméra nous fait découvrir un plan moyen de montagne avant d’élargir notre champ de vision à un plan très large de la montagne, du détail de l’homme à l’immensité qui l’entoure, le tout sans musique, juste avec le son de la respiration hors champ. Puis, soudain… Gardons le suspense, car il vaut mieux découvrir le film sans en savoir trop, et risquer le gâcher l’effet de surprise (même si la bande annonce en dit beaucoup trop!).  Ainsi fonctionne habilement Gilbey, prenant sans cesse son spectateur au dépourvu, le danger inhérent au milieu dans lequel ils sont s’avérant être un prétexte parfait à l’introduction d’éléments angoissants. Un habile jeu de montage alterné peut faire croire à un danger et en cacher un autre bien pire, une musique doucereuse peut être violemment interrompu par un coup de feu, un ralenti peut retarder la découverte de quelque chose. Bref, il en a pleins des tricks dans ce genre, nous entrainant sur des chemins  que nous n’aurions pas soupçonné, en maitrisant totalement son scenario et en ayant conçu sa réalisation pour le servir.

Orchestrant d’une main de maitre des scènes brutales de manière assez régulière, il rythme son film sans jamais baisser de régime, multipliant les points de vue, jouant sur le montage  (un ralenti sur un mec en train de recharger entrecoupé de plans en vitesse normale sur ceux qui s’enfuient),la musique ( de calme, elle peut devenue stressante, à grand coup de violons rapides et de percus lourdes) les mouvements de caméra, du zoom au travelling compensé et verticaux, et les angles avec de nombreuses plongées et contre plongées. Rien n’est laissé au hasard. Ajoutons à cela la performance d’acteurs remarquables comme le trop rare Sean Harris (24 Hours Party People, Harry Brown) et l’incontournable Mélissa George, qui après Triangle de Christopher Smith, confirme qu’elle est l’actrice de genre  du moment en son pays.

 Doté d’un scenario solide, original et écrit, transgressant les genres pour les sublimer d’autant, appuyé à tout moment par une réalisation pensée et conçue en adéquation avec celui-ci, jouant habilement sur le montage et le son pour créer la surprise, avec une vraie maitrise de mise en scène du suspense, A Lonely Place to Die apporte sa pierre à l’édifice, participant au renouveau du cinéma de genre britannique, un des plus inventif actuellement en Europe.

 

Lullaby Firefly

 

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.