Robot et cinéma en 10 films

 

 

 

Le robot, androïde ou humanoïde est une interrogation profonde et complexe du cinéma de genre, notamment en science-fiction. Si Dieu a créé l’homme à son image, l’homme a-t-il réfléchi le robot à la sienne ? Mythe ultime intellectuel et technologique de la création, tout le monde peut faire des bébés tout le monde ne peut pad faire des robots, il y a chez l’androïde un sentiment de limite humaine (être comme nous sans être comme nous) et de dépassement (meilleur que nous ?). Pour la sortie de la superproduction Real Steel avec Hugh Jackman, réfléchissons donc sur les films majeurs du cinéma. Petite information le mot robot vient du tchèque, robota, tiré d’une pièce de théâtre de Karel Capek en 1921.

Metropolis de Fritz Lang, 1927

 

Réflexion sur la lutte des classes, c’était le délire de l’époque (oui, ça me désole aussi que ce ne soit plus tendance), on perçoit en sous-titre la crainte (avérée) du totalitarisme étatique. Le robot dans le film, un ersatz de femme porte-parole des prolétaires chargé de mettre la pagaille, sera brûlé au bucher telle une sorcière, preuve d’hérésie mais aussi de métaphysique : si les dirigeants n’ont plus d’ouvriers, ils prendront des machines (c’est déjà pas le cas ?). L’image de l’humanoïde est négative et dangereuse.

Star Wars de George Lucas, 1977

Sorti de l’imaginaire de celui qui aurait pu être un grand réalisateur, George Lucas narre les premiers buddys (« potes ») robots, R2D2 dont le son de sa voix ressemble à des sifflements ou un appui simultané de 50 touches d’ordinateur et ressemble à une poubelle design, et C-3PO, automate doré très bavard et interrogatif. Joués par de vrais acteurs, dont un nain pour R2D2, ils sont devenus des personnages de la culture populaire, sympathiques et chaleureux spectateurs témoins des déchirements humains de la guerre face à l’empire, au côté de Luke Skywalker et Han Solo. L’inspiration est claire, Laurel et Hardy : ce sont les personnages qui nous permettent de souffler de l’épopée space opera.

Blade Runner de Ridley Scott, 1982

Dans une dystopie, en 2019, pas loin, à Los Angeles, se cachent ce qu’on appelle les « réplicants », des êtres génétiquement conçus et presque impossibles à distinguer des êtres humains, responsable d’un soulèvement qui a vu leur interdiction de vivre sur Terre. Une unité spéciale de la police appelée « Blade Runner » est chargé de traquer ces êtres. Adaptation de l’œuvre du génie Philip K. Dick, le cinéma a enfin son œuvre d’anticipation par excellence sur les robots. Même Ridley Scott dit que c’est sa meilleure œuvre, la plus complète, en même temps d’une intrigue de film noir, la femme fatale est un androïde, un Los Angeles ressemblant à New-York (la ville couchée devient la ville debout) pour appuyer une ambiance oppressante et paranoïaque, et une réflexion sociologique par l’évocation du corporatisme (la société Tyrell créant les réplicants et les marques d’inégalités sociales dans la ville) et de la femme objet (tous les personnages féminins). La question centrale du film est axée sur ce qui fait de nous des hommes ou pas, ce n’est pas juste une question de chair et de sang, avec l’interrogation de la nature ou non réplicante de Rick (Descartes) Deckard.

Terminator de James Cameron, 1984

Le robot entre dans un contexte de formalisme américain, c’est-à-dire de film d’action voire blockbuster : Terminator est avec quatre films, la franchise cinématographique sur les robots la plus important à ce jour. Avec Arnold Schwarzenegger dans la gueule de l’emploi, une masse de muscle quasi-muet et neutre, le film réfléchit entre voyage temporel et anticipation post-apocalyptique : si un jour les robots atteignent nos capacités humaines, nous feront-ils la guerre pour imposer un nouvel ordre mondial où ils seraient l’espèce dominante ? La guerre est peu montrée dans le film, pour privilégier ce film de traque nerveux et urbain. Sûrement le film le plus populaire sur les robots.

RoboCop de Paul Verhoeven, 1987

Cyber policier, cobaye d’une corporation militaro-industriel, le premier film, trois au total, fascinait par sa violence dense et son ambiance morbide et oppressante. Se déroulant ans Detroit, véritable ville américaine à la fois connu pour ses défauts et ses qualités, le film traite de l’obsession sécuritaire, l’ordre et la prévisibilité. Dans un cadre plus large, le personnage de RoboCop symbolise la société de l’ordre tellement poussé que cela peut mener au totalitarisme et au fascisme. De plus le personnage, anciennement Alex Murphy, lutte pour conserver sa mémoire, le sous-texte de lavage de cerveau. Un classique avant-gardiste du film de genre.

A.I Intelligence Artificielle de Steven Spielberg, 2001

Conte cybernétique, David le petit robot veut devenir un vrai garçon, fable existentialiste, la socialisation des robots mais à quel point, le personnage de Gigolo Joe, Spielberg livre une œuvre singulière. Scénario écrit en première plume par Stanley Kubrick, tout le côté sombre de la première partie du film, c’est la tentation de Prométhée qui est souligné, à la fois développement humain mais aussi danger de créer des esprits sans âme.

Matrix Revolutions d’Andy et Larry Wachowski, 2003

Dernier opus de la trilogie populaire de science-fiction américaine des années 2000, il est sûrement le volet se passant plus dans le « vrai monde », à Sion (Zion). On y voit la lutte contre les machines par une lutte armée, où les robots ont l’allure d’insectes kafkaïens. Il est question d’une paix durable, le point de départ de la saga est la guerre entre les hommes et les machines, suite au premier homicide commis par un robot (les deux magnifiques segments Animatrix). On peut en remarquer de très belles scènes de combat et une rencontre, quoique bancal, de Neo face au chef des robots.

I, Robot d’Alex Proyas, 2004

Film librement inspiré des romans d’Isaac Asimov, l’inventeur des trois lois de la robotique, met en en interrogation ces trois lois, un robot est inculpé d’homicide mais un robot selon la loi de la robotique ne peut pas tuer sauf si il sent un danger pour lui-même. Will Smith, porteur d’un bras bionique est le héros d’une enquête policière sous le signe de la lumière du jour, à la différence des précédents films obscurs du réalisateur. Avec toute une dernière partie intéressante, mais une réflexion sur la robotique malheureusement faible, I, Robot se révèle un film plaisant, sans plus.

Transformers de Michael Bay, 2007

C’est le blockbuster sur les robots, qui auraient d’ailleurs une origine extraterrestre. Issu d’une franchise de jouets qui auraient la capacité d’avoir plusieurs formes différentes, transformation par conséquence, La trilogie du délire Michael Bay sent fort le blockbuster à l’ancienne, des explosions à la limite de l’overdose, mais toujours marqué du désir de plaire à son spectateur qu’il chérit au mieux par son cinéma pop-corn. Mais au final ce que l’on retiendra c’est la starification de Megan Fox.

Wall-E d’Andrew Stanton, 2008

C’est une bonne chose de finir sur un film d’animation, particulièrement réussi d’ailleurs. En effet construit en trois parties ; Wall-E seul sur la planète terre aride, quand Wall-E rencontre Ev-e (quoi ma blague n’est pas drôle ?) sur la planète terre pas si aride, quand Wall-E va dans l’espace à bord du principal vaisseau transportant les humains survivants ; le réalisateur établit une critique sur le problème environnemental, non-pris en compte par nos dirigeants ainsi que sur notre société de consommation, une des causes du problème écologique. Et surtout, c’est une très belle interrogation sur l’humanité des machines, Wall-E Ev-e ou Auto.

 

 

 Hamburger Pimp

Partager cet article
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • email

About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…