Critique de Paranormal Activity: Tokyo Night

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Rating: 3.3/5 (28 votes cast)


Paranômaru akutibiti: Dai-2-shô – Tokyo Night

de Toshikazu Nagae

avec Aoi Nakamura et Noriko Aoyama

Japon – 1H30 – 2010

Rating: ★★☆☆☆

 

Une fois n’est pas coutume, c’est un film d’horreur américain qui fait l’objet d’un remake de la part d’un réalisateur japonais. La déferlante Paranormal Activity semble avoir aussi frappé de ce côté du Pacifique. Au vue de l’inventivité du premier opus made in US, on était en droit de se demander ce que donnerait la version nippone.

Suite non officielle de Paranormal Activity d’Oren Peli, Tokyo Night commence lorsqu’à Haruka rentre des Etats Unis chez elle à Tokyo, la jeune femme souffrant de multiples fractures aux deux jambes suite à un accident survenu lors de son séjour. Elle est donc contrainte de rester à domicile, se déplaçant en fauteuil roulant, avec pour seule compagnie celle de son frère Koichi. Mais des phénomènes étranges commencent à se passer la nuit dans la chambre d’Haruka.

En replaçant assez rapidement un contexte similaire au film originel, Nagae immerge son spectateur dans une ambiance et un rythme déjà connu. Plus malin que Peli, le réalisateur japonais nuance tout de même son propos en un point, ses personnages disposent de deux caméras, ce qui permettra dans la suite de l’intrigue de placer notamment des splitscreens en caméra nocturne des chambres respectives du frère et de la soeur. Ce choix de points de vue multiples permet déjà une meilleure dynamique interne au récit. Mais la grande différence avec son homologue américain reste le choix d’une  mise en scène bien plus rythmée et bien plus apte à générer la peur. Ne voulant pas desservir la saga à laquelle il veut être associé, Nagae, également scenariste, prend son temps (un peu trop d’ailleurs) pour instaurer progressivement les manifestations paranormales, avec les habituels bruits suspects, les ombres, les rideaux qui bougent, tout ceci à raison d’une manifestation par nuit. La première demi-heure ressemble donc pas mal à ce qui avait déjà été proposé par Peli, suspicion, ambiguité, la bonne recette habituelle.

Heureusement, Nagae est, comme déjà dit, bien plus malin que ces prédécesseurs yankees et rapidement, une fois les scènes obligatoires passées (la medium, la purification de la maison), le réalisateur prend un peu le dessus en multipliant les scènes de manifestations,  comme la scène du tas de sel, les objets bougeant tout seul (avec, comme climax, la scène de la croix), les bruits sourds hors champ, jouant sur l’immobilité de Haruka, physiquement prisonnière de sa chambre. Horreur  oblige, Nagae apporte une touche qui n’est pas sans rappeler les motifs graphiques ayant fait la renommée du Japon dans le genre: la fille aux cheveux longs dans la figure, la posture d’un corps possédé, la scène finale, etc.

Bien qu’il soit dans la droite lignée de la version américaine, jouant également sur les caméras nocturnes et l’invisible, Paranormal Activity Tokyo Night parvient néanmoins à inclure des éléments graphiques communs à la J-Horror des années 2000, seuls véritables points d’originalité du film. Néanmoins, les fans de la saga seront ravis de retrouver une forme de récit similaire , notamment dans les ressorts mis en place pour créer la peur.

Lullaby Firefly

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.