Critique de Frozen

VN:F [1.9.22_1171]
Notez ce film
Rating: 2.8/5 (5 votes cast)

Frozen

d’Adam Green
avec Emma Bell, Shawn Ashmore et Kevin Zegers

Etats-Unis – 2010 – 1h34

Rating: ★☆☆☆☆

Les films à pitch restent une superbe aubaine pour produire un film à moindre frais, ça se fait avec trois bouts de ficelle, ça se vend tout seul sur son simple pitch accrocheur, et parfois, ça peut donner lieu à un vrai moment de cinéma, comme ce fut le cas pour le Buried de Cortes. Mais cela restant exceptionnel, on aborde rarement les films concept autrement que sous la méfiance.

Pourtant, il arrive que le pitch soit trop tentant pour que l’on parvienne à résister à la curiosité de regarder le film malgré le fait que l’on ait pleine conscience du risque encouru. C’est le cas de Frozen: deux gars et une petite nana se retrouvent coincés sur un télésiège, alors que la station de ski ferme pour une semaine. Y’a pas à tortiller, ce pitch déboite et même si on se doute que ça ne va rien donner de fameux, on a quand même drôlement envie de savoir pourquoi ils sont coincés, ce qui va leur arriver, etc. De plus, Adam Green (les deux Butcher, ex-Hatchet) étant derrière la caméra, on aurait tord de bouder notre plaisir…. ou pas.

Le problème majeur de Frozen ne réside pas tant dans sa mise en scène (qui, à défaut d’être subtil, offre tout de même des moments bien cracra pour les fans de gore), mais surtout dans son scenario, qui, comme c’est souvent le cas pour ce genre de films, se contente d’extrapoler autour de son concept, brodant des scènes d’action improbables pour étayer une intrigue fort maigrelette. Bien qu’il a surement cherché  des ressorts originaux, crédibles et tendus à son intrigue, le père Green (également responsable du scenario), se retrouve fatalement bien trop limité par son concept pour ne pas éviter l’éceuil du ridicule et de l’improbable. Ainsi, on comprend rapidement que les trois protagonistes sont franchement un peu cons (y’en a quand même un qui est persuadé qu’il peut sauter du télésiège tranquillou), ce qui nous empêche de ressentir toute compassion pour eux, mais qui éveille paradoxalement notre intérêt pour leur sort…

Ce qui ne serait pas très grave en soit si le parti pris du film avait été de traiter son sujet avec humour et second degré. Mais voilà, au lieu de pousser la dérision et la caricature déjà bien (inconsciemment?) amorcée, Green préfère partir dans le drama pur et larmoyant pour deux sous, alourdissant un script déjà peu subtil. Pourquoi chercher à faire classieux quand on a pas un radis alors que ce serait tellement plus fun de faire du bis assumé?

Bref, les éléments scénaristiques grossiers et improbables auraient pu passer pour de bons gags, si le sujet n’avait été traité avec autant de sérieux, ou, à défaut, une meilleure psychologie des personnages qui aurait pu aboutir à un thriller bien tendu. Mais en s’appuyant surtout sur l’originalité de son pitch, Green préfère tromper l’ennui avec du gore bien Z et des revirements aussi maladroits qu’inutiles.

Lullaby Firefly

Partager cet article
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • email

About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.