Critique de Dream House

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Rating: 2.2/5 (6 votes cast)

Dream House

de Jim Sheridan

avec Daniel Craig, Naomi Watts et Rachel Weisz

Etats-Unis – 1H31 – 2011

Rating: ★☆☆☆☆

Il arrive que des réalisateurs entamant à peine leur carrière soient déjà pressentis comme étant des auteurs en devenir. Ce fut le cas avec Jim Sheridan qui, dès son premier film, My Left Foot, entre dans le cercle des bons élèves du cinéma européen, confirmant avec Au Nom du Père  (1994) que les espoirs fondés en lui n’étaient pas vains, avant de finir plus discrètement la décennie avec The Boxer, troisième collaboration avec son acteur fétiche, Daniel Day Lewis. Puis les années 2000 furent celui de la migration vers le Nouveau Monde, et l’enfant prometteur du cinéma anglais devint ainsi biographe de rappeur et conteur d’histoire trioliste…

Ce n’est donc qu’avec peu d’étonnement mais néanmoins beaucoup de dépit que l’on aborde Dream House, thriller fantastique fourre tout d’à peu près tout ce qui a été fait en matière de films de maison hantée depuis environ… toujours. Servi copieusement par Daniel Craig, qui a décidément une tête à taffer au KGB ou à s’enrôler dans la Luftwaffe, Naomi Watts rarement aussi peu exploitée dans sa carrière, et Rachel Weisz très inconsistante,  ce smoothie de ghost stories  s’inscrit en droite lignée des films à twists interminables qui fleurissent de plus en plus, fruit d’une bande de scribouillards comblant le vide de leur script par des retournements de situations plus gros au fur et à mesure de l’histoire. Donc globalement, il ne se passe pas grand chose dans la vie de Daniel Craig si ce n’est sa maison a été le théâtre du meurtre d’une femme et de ses deux gamines par son mari, libéré de l’asile depuis, qu’un mec louche qui traine autour de chez lui et que sa baraque le rend un peu bizarre. Un peu de Shining, un peu des Autres, une pincée d’Amityville, un vrai pot pourri en somme, une trame prévisible, un arrière goût de déjà-vu, ailleurs, en mieux. Le pitch aurait mérité un poil d’originalité salutaire, au moins une tentative de stimulation de l’intérêt du spectateur… Alors forcément, devant cette bouillie scenaristique, le savoir-faire de Sheridan ne s’avère pas suffisant. Ce n’est pas que Dream House soit mal filmé, c’est juste qu’il repose sur des bases plus que chancelantes.

Mal rythmé, mal écrit, pas si bien joué que ça et multipliant les revirements de situations plus improbables rafistolés avec trois bouts de ficelle. Sans être non plus le pire film de l’année, Dream House se révèle surtout être un film médiocre comme il en sort régulièrement tous les trois mois, mais avec le prestige supplémentaire d’être dirigé par un réalisateur autrefois prometteur bien qu’il confirme une fois encore son inégalité.

 

 Lullaby Firefly

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.