Critique de Code 46

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Code 46

De Michael Winterbottom

Avec Tim Robbins, Samantha Morton et Om Puri

Royaume-Uni – 2003 – 1h33

Rating: ★★★★☆

 

Dans une société futuriste où les libertés sont rigoureusement contrôlées, la normalisation des naissances artificielles (in vitro, clonages en série) a imposé une régulation des rapports sexuels. Ainsi, ceux qui partagent au moins 25% de leur patrimoine génétique ne peuvent prétendre s’aimer sans enfreindre le code 46. Cette loi condamne les contrevenants à un exil hors des mégapoles aseptisées. C’est dans ce monde ultra-régulé que William Geld, un détective capable de deviner les pensées de ses interlocuteurs, va s’éprendre de Maria Gonzales, une employée modeste soupçonnée de trafic de «papelles», des passeports temporaires permettant la libre circulation des individus à travers le globe.

Cinéaste prolifique (plus d’une vingtaine de films depuis 1990), Michael Winterbottom n’a pas toujours eu le privilège de voir ses œuvres diffusées sur grand écran, du moins chez nous, à l’instar de ce Code 46 qui sort en DTV huit ans après son passage remarqué à la Mostra de Venise. Ce film de science-fiction s’inscrit dans la dystopie façon Gattaca où les gènes sont rois. Il approche toutefois le thème sur un ton plus mature, substituant le désir d’ascension sociale par le désir tout court. Celui d’un homme et d’une femme qui ne pourra aboutir.

Si la première demi-heure peut surprendre dans son esthétique auteurisante datée 2003 (Wong Kar-wai/Sofia Coppola), Code 46 décolle quand il se décide enfin à développer son argument de romance SF. C’est-à-dire quand il arrive à traduire la froide inhumanité de son monde futuriste, où les souvenirs s’effacent comme des disques durs, tout en rendant palpable les sentiments amoureux découlant d’une banale histoire de cul extraconjugale. Au-delà des effets de style, le grand mérite revient avant tout à son couple d’acteurs et particulièrement à Samantha Norton qui jouait déjà une autre victime de SF dans Minority Report. Mariant le charnel à la froideur, Code 46 préfère l’expression des sentiments d’un amour disloqué aux péripéties du Tech Noir classique et réussit à émouvoir sans sombrer dans le mélo larmoyant.

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».