Critique d’Agnosia

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Agnosia

de Eugenio Mira

avec Eduardo Noriega, Barbara Goenaga et Felix Gomez

Espagne – 2010 – 1h45

Rating: ★★★☆☆

 

On ne le dira jamais assez, le cinéma fantastique espagnol est parvenu à s’imposer dans le paysage du cinéma européen des années 2000. Le problème, c’est que la vague retombe peu à peu et les films, bien que demeurant originaux, souffrent d’une baisse de qualité dans l’écriture, tout en restant maitrisés dans la réalisation.

Agnosia n’échappe pas vraiment à la règle et, à l’instar des Yeux de Julia, s’avère vendu comme étant un film fantastique, alors qu’il s’apparente davantage à un thriller en costume, prétexte pour mettre en scène un drame romantique. Partant du handicap dont souffre Joana, atteinte de multiples formes d’agnosie l’empêchant de distinguer les formes et les sons, le film tisse une intrigue autour de la jeune femme détenant un secret qui attise bien des convoitises.

Porté par des acteurs du genre (Noriega a joué notamment dans Tesis, Barbara Goenaga dans Timecrimes et demeure le meilleur souvenir du raté Village des Ombres), fort d’une photo magnifique et d’une maitrise impeccable des contrastes, des nuances de couleurs et de la composition de champ, Agnosia s’avère au final parfaitement soigné formellement, aboutissant sur une sorte de drame romantique dans la lignée de la littérature anglaise des soeurs Brönte, comme les Hauts de Hurlevent ou Jane Eyre. De la même manière, il n’y a pas vraiment de fantastique dans Agnosia, cela tient plus à la mise en place d’une atmosphère propice au mystère et au complot. Alors que la majorité des autres métrages ancrent leur récit sous le franquisme,  Agnosia est lui attaché à un autre temps, celui du début du siècle, en plein révolution industrielle, livrant ainsi un récit gothique, sans fantôme, ni lieu hanté, reposant surtout sur les intrigues secondaires, notamment l’intrigue romantique.

Mais le problème d’Agnosia reste que son scenario ne s’avère pas à la hauteur du soin apporté à son esthétique. Le film souffre de longueurs dans la mise en place de l’intrigue principale, complexifiant des éléments anecdotiques et noyant du coup ceux qui méritaient d’être mis en relief. De même, il n’exploite pas à bonne escient l’idée visuelle que constitue la caméra subjective de Joana qui aurait pu servir à bien des scènes angoissantes, se concentrant davantage sur le drame amoureux.On regrette ainsi que des aspects fantastiques aient été sous entendus dans le trailer, vu qu’ils sont totalement inexistants.

Agnosia n’est donc pas à prendre pour ce qu’il semble être. Le caractère dramatique du script alourdit considérablement l’ensemble et rompt l’équilibre narratif mis en place jusqu’à présent. Bien que la mise en place de l’intrigue soit maladroite et que le film peine à prendre un rythme régulier, il n’en demeure pas moins extrêmement soigné d’un point de vue esthétique et témoigne d’une réelle composition de plans de la part de son réalisateur.

 

 

Lullaby Firefly

 

 

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.