Critique de The People vs. George Lucas

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The People vs. George Lucas

D’Alexandre O. Philippe

Avec Gary Kurtz, David Brin, David Prowse, Anthony Waye, Dale Pollock et Wendy Ide

Etats-Unis/Royaume-Uni – 2010 – 1h33

Rating: ★★★★☆

L’été s’était ouvert avec Fanboys, comédie geek sur les fans de Star Wars. Il se referme sur The People vs. George Lucas, documentaire édité en DVD par ICO qui revient sur les rapports conflictuels entre George Lucas et son public. A partir d’une multitude de témoignages de fans du monde entier, journalistes, auteurs, humoristes mais aussi de personnes ayant participé à la première trilogie comme le producteur Gary Kurtz ou l’acteur David Prowse (l’homme dans le costume de Darth Vader), le film d’Alexandre O. Philippe tente de comprendre, non sans humour, pourquoi et comment le divorce s’est consommé entre le créateur de Star Wars et ses fans de la première heure.

De l’euphorie des années 70/80 à la déception des années 90/2000, le documentaire retrace en parallèle deux évolutions : celle d’un cinéaste qui va définitivement s’enfermer dans sa franchise et celle d’une génération devenue accroc à un véritable phénomène culturel. La question centrale de The People vs. George Lucas est de savoir à qui appartient finalement la saga : à son créateur ou à son public ?

Aucune autre franchise cinématographique que Star Wars n’aura à ce point excité l’imaginaire et la créativité de ses fans. Le documentaire souligne en effet l’importance de toute la sous-culture qui va naître par le biais du public, que ce soit de la quantité monumentale de parodies et autres fanfilms (ces productions faites maison par les admirateurs les plus chevronnés) aux conventions dans lesquelles des hordes de fans en costumes affluent quasi-religieusement pour acquérir toutes les conneries du merchandising de masse estampillé Star Wars. Ainsi, de 1983 (Le Retour du Jedi, dernier volet de la trilogie) à 1999 (début de la prélogie avec La Menace Fantôme), le culte de Star Wars ne fera que s’amplifier grâce à l’engouement sans précédent du public. 17 années durant lesquelles George Lucas va faire fructifier sa franchise jusqu’à couper définitivement les liens avec une partie de la base qui l’a porté au sommet, en grande partie par les Editions Spéciales des années 90 qui rajoutent des inserts numériques à foison quitte à changer certains aspects de l’histoire. Un vrai affront pour les fans de la première heure qui voient désormais George Lucas comme un traître passé du côté obscur de la Force. Puis, les choses iront de pire en pire avec la nouvelle trilogie (Jar Jar Binks en prend pour son grade) qui profitera essentiellement à une nouvelle génération qui n’aura pas connu l’engouement des premières versions.

Refusant de prendre parti, The People vs. George Lucas préfère au contraire opposer les réactions disproportionnées d’une génération de geeks qui a refusé de grandir depuis 1977 aux fausses prétentions artistiques d’un Kubrick miniature qui ne cesse de capitaliser sur son œuvre sous couvert de perfectionnisme. Véritable document sociologique, le film d’Alexandre O. Philippe est complété par plus de deux heures de bonus en tous genres (ICO n’a pas fait les choses à moitié) dont une passionnante interview du biographe Dale Pollock qui livre une fine analyse de la personnalité artistique de George Lucas (on comprend qu’ils soient fâchés depuis).

 

The Vug

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Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».